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L’art du blanchiment moral : deux illustrations

L’art du blanchiment moral : deux illustrations

Les industriels du tabac se livrent fréquemment à des activités de blanchiment moral qui consistent à donner une apparence légitime à des opérations dites de « prévention », « écologiques » ou plus globalement des actions « citoyennes ».
Voici des exemples révélateurs de leurs pratiques malhonnêtes, qui ne sont rien d’autre que des campagnes de publicité déguisées.

  • Qui ? British American Tobacco (BAT)
  • Quand ?  Le 23 juillet 2010 
  • Où ? Dans les médias et dans les débits de tabac
  • Objectif annoncé par le fabricant : BAT lance une campagne nationale de « sensibilisation et de prévention » auprès des buralistes et de leurs consommateurs, sur le danger des cigarettes de contrefaçon et de contrebande.
  • Comment ? BAT mène une véritable action de communication vers le grand public en diffusant un communiqué de presse intitulée « Fausse cigarette, vrai risque, et vous où achetez-vous vos cigarettes ? », avec une affiche envoyée à l’ensemble des buralistes.   Cette campagne a été soutenue par le député Thierry Lazaro*.
  • Vraie nature de la démarche :

    • Cette campagne n’est rien d’autre qu’une opération de communication à travers une campagne d’affichage sur les lieux de vente ;
    • Ce fabricant de tabac effectue, en dépit de la loi Evin qui interdit toute publicité des produits du tabac, de la promotion indirecte de leurs produits et de l’entreprise BAT ;
    • Des associations de professionnels de la publicité (ARPP) et de la communication (AACC) ont également réagi et dénoncent une campagne de promotion  
    • Tous les produits du tabac, qu’ils soient de contrebande, de contrefaçon ou vendus légalement, sont toxiques et mortels. Pourtant, l’entreprise BAT souhaite nous convaincre qu’elle est « soucieuse » de la santé des fumeurs et cherche à apparaître comme une entreprise « citoyenne » alors même qu’elle est la cause des morts du tabagisme ;
    • Elle tente de redorer son blason et « oublie » évidemment de mentionner qu’elle a une responsabilité dans l’organisation des réseaux de contrebande, prouvée notamment dans les documents internes des fabricants, rendus publics à la suite de décisions de justice, et au travers d’enquêtes et d’auditions des responsables de la frime lors de commissions d’enquête parlementaires ;
    • Le Syndicat professionnel des agences de conseil en communication (AACC) et l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) regrettent également une manœuvre trompeuse initiée au moment où l’interdiction de la vente de tabac aux moins de 18 ans était au cœur de l’actualité (AFP/26 juillet 2010).
Le députe du Nord Thierry Lazaro, en totale violation de l’article 5.3 de la CCLAT, s’est associé à BAT pour le lancement de cette campagne de publicité ayant notamment pour finalité d’empêcher toutes les hausses de taxes et l’instauration des paquets neutres standardisés et ainsi de restreindre le débat au seul sujet de la contrebande/contrefaçon où l’industrie du tabac et ses alliés les buralistes arrivent à faire pression sur les responsables politiques.

(cf. extrait image du sujet consacré sur GrandLilleTV à l’occasion de la conférence de presse de la campagne)

 

  • Qui ? British American Tobacco (BAT)
  • Quand ? Eté 2008, puis hiver 2010 Cendrier biodégradable distribué par BAT, sur le site du député Remiller
  • Où ? Sur les plages et les stations de ski françaises   
  • Objectif annoncé par le fabricant : BAT souhaite faire prendre conscience aux fumeurs de l’impact écologique de leur consommation tabagique et limiter le rejet des mégots dans la nature. 
  • Comment ? BAT, avec le « soutien » d’un député, Jacques Remiller*, lance l’opération « Agissons ensemble » et  organise une distribution gratuite de cendriers de poches biodégradables (150 000 en 2008), sur les plages et les stations de ski de l’Hexagone.
  • Vraie nature de la démarche : 

    • A travers sa volonté de préserver les plages des stations de ski des pollutions engendrées par les jets de mégots et de cigarettes par les consommateurs, en proposant gratuitement des cendriers de poche, BAT se livre à des pratiques de « greenwashing », consistant à « donner une coloration écologique respectable à ces pratiques polluantes» ;
    • A travers les médias, BAT essaie de faire croire qu’elle est une entreprise responsable, soucieuse de la protection de la planète, alors qu’elle est accusée de la destruction des sols, de la déforestation dans les pays en développement et d’avoir une responsabilité non négligeable dans le développement de la famine qui touche de nombreux pays ;
    • L’industrie du tabac ne mentionne évidemment pas toute la pollution que génère ses propres produits : les mégots représentent une des pollutions quantitativement les plus importantes par le nombre de déchets et par la durée particulièrement longue du cycle de dégradation de ces déchets (pouvant aller jusqu’à 12 ans).
    • Cette opération prépare une action de lobbying de plus grande envergure contribuant à maintenir un niveau de consommation élevé et la norme tabagique comme une donnée de la société.

* Ce soutien constitue une infraction aux engagements pris par la France dans le cadre du traité international de l’OMS (article 5.3 de la CCLAT) sur la non ingérence de l’industrie du tabac dans les politiques publiques.

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