Ville Libre Sans Tabac

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Avec l’appui de l’Agence Régionale de Santé du Grand Est (ARS Grand Est), de la Mission Interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA) et soutenues massivement par leur population, des villes de la région Grand Est : Joinville (52), Thionville (57), Mulhouse (68) et maintenant Nancy (54) participent au projet expérimental « Ville Libre Sans Tabac » dont le lancement a eu lieu en novembre 2020 à l’occasion du « Mois Sans Tabac ».

Une Ville Libre Sans Tabac est une ville où toutes les mesures démontrées comme efficaces pour lutter contre le tabac et améliorer la qualité de vie des habitants sont mises en œuvre de manière coordonnée.

L’enjeu principal de ce projet est de s’inscrire dans la perspective d’une génération sans tabac prévue pour 2030 et de travailler à sa réalisation.

Pour y parvenir, il convient de débanaliser la consommation de tabac, de rendre ses produits moins attractifs et de proposer une stratégie de réduction de leur usage à l’initiative de la ville et à l’échelle municipale ; des objectifs approuvés par la population de ces villes et portés politiquement par leur maire, avec une implication des différents acteurs concernés.

Pour montrer l’exemple, les mairies de ces communes ont été les premières à mettre en œuvre le projet avec la mesure initiale « Mairie Libre Sans Tabac ».

Le projet est porté par l’association Grand Est Sans Tabac (GEST) avec son partenaire le Comité National Contre le Tabac (CNCT) et est financé par l’ARS Grand Est ainsi que la Mission Interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA).

 

La mise en œuvre d’une « Mairie libre sans tabac »

 

mairies-libres-sans-tabac-villes-libres-sans-tabacEn tant que symboles de la démocratie de proximité et pour donner la note, les mairies ont été les premières à expérimenter le projet. Il s’agit pour elles de répondre à un double objectif : améliorer la qualité de vie et le bien-être au travail de leurs agents mais aussi montrer l’exemple à leurs habitants et aux visiteurs en éliminant toute exposition au tabagisme passif et en débanalisant la consommation de tabac, à travers le rappel des méfaits du tabac.

La mise en place du projet est progressive, elle se fait sur la base du volontariat des agents qui sont formés pour devenir des ambassadeurs auprès de leurs collègues afin qu’ils fassent connaître le projet. Cette formation leur apporte également les outils nécessaires pour faire respecter la démarche. Le projet prévoit en effet la mise en place d’espaces sans tabac aux abords de la mairie et de ses bâtiments techniques, ainsi qu’une communication de type signalétique, tels que des kakémonos ou des affiches, présents dans les lieux d’accueil du public. Un comité de pilotage spécifique est constitué pour assurer la mise en œuvre, la communication et l’évaluation de chacune des actions de cette mesure.

Les dirigeants municipaux, quelle que soit la taille de la population de leur ville, ont une occasion unique – et une responsabilité – de protéger leurs administrés des multiples préjudices sanitaires, sociaux, environnementaux et économiques résultant de la consommation de tabac. Des actions dédiées au niveau de la ville pour protéger les populations viennent en renforcement et complément de mesures nationales.

 

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Le projet « Ville Libre Sans Tabac »

 

Ce projet expérimental vise à concevoir puis à mettre en œuvre, pour chaque commune, un Programme Local de Lutte contre le Tabac (PLLT), construit avec chacune d’elles et encadré par une convention.

L’implication du maire et des élus de chaque ville dans la lutte contre le tabac est essentielle car ils disposent de leviers d’intervention et sont en mesure de porter des actions de proximité. Le département et la région, de même que les services déconcentrés de l’Etat, doivent être parties prenantes et partenaires au sein de la ville du projet Ville Libre Sans Tabac. Leur engagement est essentiel dans la réussite et la longévité du dispositif et leur rôle de relais d’information et de communication indispensable à la visibilité des actions réalisées.

Pour chacune des villes, le PLLT comportera des actions effectives communes et spécifiques à leur territoire, visant à réduire le tabagisme de sa population. Par exemple :

  • La mise en place de nouveaux espaces extérieurs sans tabac (parcs publics, abords d’établissements scolaires, lieux de pratique d’activité physique et sportive, etc.) et la promotion des lieux privatifs sans tabac.
  • Une assistance à destination des administrations, collectivités, universités, entreprises, etc. pour qu’elles deviennent des structures « sans tabac » non seulement au sein des bâtiments comme le prévoit déjà la législation nationale mais au-delà, dans les espaces extérieurs.
  • Une communication adaptée à la ville :sensibilisation et information auprès du grand public sur des thématiques portées par la ville (thématique des mégots, par exemple), actions de communication à l’occasion d’événements tels que la Journée Mondiale Sans Tabac ou le Mois Sans Tabac.
  • Des contrôles de l’application de la réglementation en vigueur concernant le tabac: vérification de l’interdiction de fumer dans les lieux publics, de l’interdiction de vente aux mineurs, etc.
  • Des sessions d’information à l’attention des professionnels de santé de la commune pour la prise en charge de la dépendance tabagique, la promotion de l’arrêt du tabac et les messages de prévention dans ce domaine.
  • Des mesures relatives à la protection des politiques de santé publique en matière de lutte antitabac face à l’ingérence, aux intérêts commerciaux et autres de l’industrie du tabac, conformément à la législation nationale (Article 5.3 de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac).

 

Pourquoi ces villes ?

 

Un enjeu sanitaire majeur

Le Grand Est, avec 30,1% de sa population de fumeurs quotidiens (1,2 millions de fumeurs), se classe au 4e rang des régions en France où le tabagisme est le plus élevé.

La moyenne nationale de fumeurs quotidiens est de 26,9%.

La région partage près de 800 km de frontières avec 4 autres pays (Allemagne, Belgique, Luxembourg et Suisse), ce qui facilite les achats transfrontaliers et diminue l’efficacité des politiques fiscales et donc l’impact des hausses des taxes sur les produits du tabac.

Selon Santé Publique France, les fumeurs quotidiens du Grand Est ont des consommations moyennes supérieures à celles de la moyenne nationale et la proportion de fumeurs souffrant d’une forte dépendance est encore plus élevée que celle de la moyenne nationale : 23,1% versus 18,4 %.

Il s’ensuit une incidence et une mortalité élevées pour les pathologies les plus associées au tabac (cancer du poumon, broncho-pneumopathie chronique obstructive et cardiopathies ischémiques) avec de fortes disparités entre les départements ; la Moselle, la Meurthe-et-Moselle et les Ardennes présentant les situations les plus préoccupantes.

 

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Une volonté politique forte pour parvenir à une ville sans tabac où il fait bon vivre

La finalité du programme est de contribuer à améliorer la santé, les conditions de travail et le bien-être de tous les habitants, et ainsi de contribuer à renforcer pour ces villes leur qualité reconnue de « villes où il fait bon vivre ».

Ce projet s’inscrit dans la finalité de construire une génération sans tabac dès 2030, nécessitant la mobilisation de tous et à tous les échelons.

Un soutien massif de la population

L’Institut d’études Audirep a mené un sondage pour Grand Est Sans Tabac et le Comité National Contre le Tabagisme auprès d’un échantillon représentatif d’habitants de Joinville, Mulhouse et Thionville en septembre-octobre 2020. Selon les premiers résultats, il apparait que, quelle que soit la ville, les habitants présentent un intérêt majeur pour la mise en place de  » Mairie Libre Sans Tabac « et pour le projet « Ville Libre Sans Tabac ».

A Joinville et à Thionville, 94% des habitants soutiennent la transformation de la mairie en lieu sans tabac.

9 fumeurs sur 10 y sont également favorables dans les deux villes.

 

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Plus de 80% des habitants de Joinville, Mulhouse et Thionville soutiennent la mise en œuvre d’un Programme Local de Lutte contre le Tabac.

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Pour en savoir plus, consultez notre dossier de presse

 

Et contactez

Pr Yves Martinet – Président de GEST             y.martinet@chru-nancy.fr

Alice Clerc – Coordinatrice de projet                a.clerc@chru-nancy.fr