Protéger les jeunes

Le tabagisme chez les jeunes en France

L’industrie du tabac l’a compris depuis longtemps : « Les adolescents d’aujourd’hui sont les consommateurs réguliers potentiels de demain, et la très grande majorité des fumeurs commence à fumer à l’adolescence. » (Philip Morris, 1981).

Les fumeurs, dans leur très grande majorité, commencent à fumer à l’adolescence et deviennent rapidement dépendants bien avant l’âge adulte.

Le tabagisme est une épidémie industrielle pédiatrique[1] : l’âge d’entrée dans le tabagisme intervient à 14,5 ans[2]. Lorsque trois enfants expérimentent le tabac, deux sur trois au moins seront consommateurs de tabac une partie de leur vie. La dépendance à la nicotine s’installe très rapidement et ces jeunes deviennent rapidement dépendants aux produits du tabac, y compris avec des consommations faibles et ponctuelles.

L’usage quotidien de tabac est plus fréquent parmi les garçons que parmi les filles (17 % vs 14,2 %), il est dans le même temps trois fois plus élevé chez les apprentis (38,6 %) que parmi les lycéens (10,1 %). Cet écart important s’explique par une composante sociale, un pouvoir d’achat plus important pour les apprentis qui perçoivent un salaire et une accessibilité facilitée aux produits.

 

En France, la baisse de la prévalence tabagique ne doit pas marquer le ralentissement des efforts antitabac

Avec 15,6 % des adolescents français qui sont des fumeurs quotidiens, la France est assez touchée par le problème du tabagisme des jeunes, bien que ce niveau soit parmi les plus faibles des pays européens de l’enquête ESPAD 2024.

À 17 ans, près de la moitié d’entre eux ont déjà expérimenté un produit du tabac et moins d’un sur cinq est tombé dans la dépendance quotidienne[3]. Par comparaison avec les autres pays européens, la France se situe en dessous de la moyenne en ce qui concerne la consommation de tabac chez les adolescents scolarisés de 17 ans avec une prévalence de 3,1 %, une initiation et une expérimentation plus marquées chez les filles que les garçons mais une consommation équivalente. Si le tabagisme est de plus en plus socialement désapprouvé, grâce à de nombreuses campagnes de dénormalisation de la pratique, il reste un marqueur social notamment d’intégration chez les jeunes[4].

Ces chiffres restent toutefois très préoccupants lorsque l’on sait que la moitié de ces jeunes ne parviendra pas à arrêter de fumer et qu’un quart d’entre eux (la moitié de ceux qui resteront fumeurs) mourra de son tabagisme. Pour parvenir à l’objectif d’une génération sans tabac d’ici 2032 en France, que d’autres pays ont déjà atteint, il importe donc de poursuivre et renforcer la mise en œuvre des mesures pour lesquelles une efficacité a été démontrée en matière de réduction du tabagisme, notamment l’interdiction des produits du tabac et de vapotage aux mineurs.

 

Aller plus loin :

Interdiction de vente aux mineurs : des outils pour renforcer son effectivité

L’interdiction de vente de tabac aux mineurs : une mesure largement inappliquée

Fiche d’information : le tabagisme chez les jeunes en France

Brochure UNAF/CNCT – cigarettes électroniques, produits du vapotage – comment protéger mon enfant? 

Brochure – Interdiction de vente de produits du vapotage aux mineurs, un interdit protecteur


[1] Majnoni d’Intignano B. Les épidémies industrielles, Santé et Economie en Europe, PUF, 2016

[2] Brissot A, Le Nézet O, Spilka S., Focus, L’usage de tabac chez les jeunes de 17 ans : résultats de l’enquête Escapad. Bull Épidémiol Hebd. 2023;(9-10):166-9.

[3] Ibid

[4] De Rosso  S, Guignard  R, Pasquereau  A, Andler  R, Beck  F, Nguyen-Thanh V. Perceptions du tabagisme en France hexagonale en 2022 parmi les 18-75 ans : où en est la dénormalisation  ? Bull Epidemiol Hebd. 2025;(10):164-71.

https://beh. santepubliquefrance.fr/beh/2025/10/2025_10_1.html