La force de l’industrie du tabac se dessine dans les discours d’un bon nombre d’individus qui reprennent à leur compte celui de l’establishment du tabac. Pour maintenir la consommation de tabac comme une norme incontournable de notre société, les fabricants de tabac et leurs alliés, les représentants des buralistes, pratiquent une constante désinformation sur divers sujets pour empêcher toute politique de santé publique. La conséquence directe est que ces messages sont fortement ancrés dans les esprits encore aujourd’hui.

 

 » La prévention et l’éducation sont de loin les mesures les plus efficaces. « 

Un lobbyiste se doit tout de même d’être en force de propositions. Pour empêcher la mise en place de lois contraignantes et efficaces, les fabricants de tabac adoptent un discours lénifiant contre lequel, a priori, personne ne saurait être en désaccord. Sous couvert de « prévention », concept très vague dans leur bouche et limitée à une forme d’information et d’éducation à la santé, ils répètent ce discours en se présentant comme « force de proposition » pour régler un problème qu’ils causent. En fait, ils savent pertinemment que la seule information et éducation ne sont nullement en mesure à elles seules de réduire la consommation de tabac et l’entrée dans le tabagisme des jeunes.

 » Fumer est une liberté. « 

Selon les scientifiques, il est plus difficile d’arrêter le tabac que d’arrêter l’alcool, la cocaïne ou les opiacés. Les études montrent que le taux de réussite d’arrêt chez les fumeurs qui décident d’arrêter par eux-mêmes, sans aide extérieure, est de moins 5% à un an. Lorsqu’il y a prise en charge, la proportion augmente mais elle reste faible en raison du caractère addictif du produit.

 » Il ne faut pas interdire, il faut faire confiance aux citoyens avertis. « 

Lorsque sont évoquées des mesures d’interdictions de fumer (dans les voitures en présence d’enfants de moins de 12 ans, dans les aires de jeux, etc.), la rhétorique autour de la sacro-sainte « liberté » est enclenchée.
Le « bon sens » et l’expérience en France montrent qu’il est illusoire de vouloir protéger les personnes contre un risque en s’appuyant sur le seul bon vouloir des individus. La mesure d’interdiction dans les cafés et restaurants en constitue une illustration : c’est uniquement lorsqu’une règle claire d’interdiction a été posée que les espaces sont devenus effectivement non-fumeurs. Aujourd’hui, le fait est que plus personne (la majorité des fumeurs, comme des non fumeurs) ne reviendrait sur cette loi. Les interdictions ont vocation à protéger tout le monde, en particulier les plus faibles, et sont plébiscitées par les Français.

 » Les mesures de santé publique font exploser la contrebande. « 

Ce thème du marché parallèle est primordial pour l’industrie du tabac et ses alliés, les représentants des buralistes, car il vise à empêcher toute réflexion et mesure concernant la lutte contre le tabagisme.

Un amalgame est intentionnellement fait entre contrebande et achats transfrontaliers, ces derniers n’étant pas illicites. On estime en France, en particulier sur la base des statistiques des Douanes, que 80% des achats sont réalisés dans les réseaux des buralistes et que parmi les 20% restants, 15% sont des achats transfrontaliers et 5% seulement de la contrebande.

Par ailleurs, l’implication des fabricants de tabac dans l’organisation de la contrebande est bien établie.

 » Les produits de contrebande sont dangereux pour la santé. « 

Tous les produits du tabac, qu’ils soient de contrebande, de contrefaçon ou vendus légalement, sont toxiques et mortels.

 » Il faut bien mourir de quelque chose. « 

Cette expression semble ne s’appliquer que pour le tabagisme, elle apparaît inconcevable appliquée à d’autres causes (sida, alcool, accidents de la circulation, violences conjugales, suicides etc.) 
Ce prétexte fallacieux, tout droit sorti du discours des industriels du tabac, semble être un moyen de justifier l’addiction de millions de personnes et n’a pour seul intérêt que de cacher la réalité du tabagisme : des décès prématurés dans des conditions particulièrement douloureuses.

 » Le tabac est une richesse, ça rapporte à l’Etat. « 

Même en prenant en compte les taxes (15 milliards d’euros), ainsi que les retraites non versées du fait de la mort prématurée des personnes (environ 5 milliards), le coût du tabagisme représente en France plus de 47 milliards d’euros. 
Ce discours a pour seul objectif d’opposer systématiquement la santé à l’économie alors même que le tabac est un frein au développement et une source d’appauvrissement.

« Il faut bien mourir de quelque chose »

Cette expression semble ne s’appliquer que pour le tabagisme, elle apparait inconcevable appliqué à d’autres causes (sida, alcool, accidents de la circulation, violences conjugales, suicides etc.)

Ce prétexte fallacieux, tout droit sorti du discours des industriels du tabac, semble être un moyen de justifier l’addiction de millions de personnes et n’a pour seul intérêt que de cacher la réalité du tabagisme : des décès prématurés dans des conditions particulièrement douloureuses.