COVID-19 et nicotine, le CNCT soutient la prise de position de l’Alliance

Depuis quelques jours, des informations circulent sur un prétendu effet protecteur de la nicotine face au COVID-19. L’Alliance contre le tabac (ACT), coalition qui réunit les acteurs de la société civile engagés dans la lutte contre le tabagisme, rappelle que trop peu de données sont encore disponibles sur le sujet et les chercheurs appellent à la prudence concernant cette théorie. Elle vient de diffuser un communiqué de presse alertant sur les risques d’une interprétation hâtive de données scientifiques préliminaires et imparfaites ayant pu conduire à des extrapolations hasardeuses, voire dangereuses pour les fumeurs.

Le Comité National contre le Tabagisme (CNCT) soutient fermement la position de l’Alliance qui met en garde contre toute reprise hâtive de propos tendant à la confusion entre tabac et nicotine et leurs effets respectifs sur l’évolution de patients atteints du COVID-19.

A cet égard, rappelons des faits alarmants à propos de la consommation de tabac :

  1. Un grand nombre de personnes peuvent être affectées par le virus corona sans développer, fort heureusement, une forme grave de la maladie.
  2. Ce virus est particulièrement dangereux pour les personnes vulnérables, notamment les personnes âgées et les personnes souffrant de co-morbidités,
  3. Le COVID 19 est une affection qui touche plus particulièrement les voies respiratoires,
  4. Le tabagisme affaiblit le système immunitaire des fumeurs et leurs capacités pulmonaires,
  5. Les fumeurs présentent un risque majoré de développer une forme grave du COVID 19.
  6. Fumer toute sa vie réduit celle-ci en moyenne de 10 à 15 années.
  7. La nicotine est la drogue présente dans le tabac. La composition de la fumée de tabac ne se limite pas à la nicotine et aucune donnée épidémiologique actuelle ne permet de conclure à un éventuel effet protecteur de la fumée de tabac.
  8. Le tabac tue annuellement 8 millions de personnes dans le monde.
  9. En France 200 fumeurs décèdent prématurément chaque jour de leur tabagisme.
  10. Arrêter de fumer à 30 ans, c’est gagner 10 ans de vie.

En conclusion, rien ne permet d’affirmer que les fumeurs soient plus protégés que le reste de la population contre le coronavirus. Ils risquent au contraire d’être plus touchés par une forme sévère de la maladie.

  • Le faible nombre actuel de patients fumeurs en réanimation est vraisemblablement lié au fait que la consommation de tabac diminue avec l’âge.
  • Les données épidémiologiques actuelles ne permettent pas d’étayer l’hypothèse d’un effet protecteur de la nicotine.

Aussi, le seul message à l’attention des fumeurs est : arrêtez de fumer le plus tôt possible et n’hésitez pas à vous faire aider par les professionnels de santé, médecins, pharmaciens, addictologies et Tabac Info Service (39 89 – numéro gratuit).

Pour lire le communique de presse de l’Alliance.