Les cigarettes dites « légères » sont-elles moins dangereuses ?

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Les cigarettes dites « légères » sont-elles moins dangereuses ?

Les cigarettes dites « légères » sont-elles moins dangereuses ?

Les cigarettes légères ont été mises sur le marché par les fabricants dans une double optique :  développer les ventes auprès des femmes et dissuader les fumeurs d’arrêter en les incitant à consommer la version dite « légère » de la marque. Ce faisant, toutes les marques ont ainsi développé des versions légères, light, ultra légères, super légères laissant entendre que ces produits étaient moins dangereux pour la santé, d’autant que les teneurs (en nicotine, goudrons de CO) figurant sur les paquets étaient affichées comme inférieures aux versions de cigarettes dites « normales », ces valeurs étant établies avec des machines à fumer.

D’un point de vue technique, cette réduction des taux de produits toxiques est due à des micro perforations des filtres de ces cigarettes qui permettent une dilution par de l’air ambiant de la fumée absorbée par les machines à fumer. D’ailleurs, quand ces micro perforations sont obturées, les taux de produits toxiques présents dans la fumée des cigarettes dites « légères » sont identiques à ceux des cigarettes « classiques ».

Pourtant, la nature de la fumée de ces cigarettes reste identique à celle des cigarettes « normales »[1], et les quantités de produits toxiques inhalés par les fumeurs restent les mêmes. En effet, les mesures faites avec des machines à fumer ne prennent pas en compte le phénomène de compensation par le fumeur. Ce dernier va adapter son mode de fumage afin de pouvoir extraire de la fumée de chaque cigarette la quantité de nicotine avec laquelle la sensation désagréable de manque est supprimée ; aussi, il va inspirer plus profondément pour accroître le volume de fumée inhalée, augmenter le nombre de bouffées par cigarette et garder plus longtemps l’inhalation. Enfin, consciemment ou non, il va obturer les micro perforations en tenant la cigarette avec les doigts. Au total, un fumeur de cigarettes dites « légères » inhale des quantités de nicotine, goudrons et CO identiques à celles d’un fumeur de cigarettes « classiques ».

L’appellation light était donc un argument marketing fallacieux de l’industrie du tabac destinée à « rassurer » les fumeurs et les induisait de fait en erreur. C’est la raison pour laquelle depuis 2003 cette mention sur les paquets est interdite en France car elle est considérée comme trompeuse et donne l’impression erronée qu’un produit du tabac est moins nocif qu’un autre. De même, les indications quantitatives sur les teneurs en nicotine et goudrons ne figurent plus depuis 2016 sur les paquets car elles ne reflètent pas la réalité de l’exposition aux risques du fumeur.

A nouveau aujourd’hui les fabricants mettent sur le marché de nouveaux produits les présentant comme étant à « potentiel de risques réduits », et leur marketing cible l’ensemble de la population, fumeurs et non-fumeurs, pour gagner de nouveaux marchés. Aussi les autorités publiques de santé, en particulier l’OMS, rappellent que « tous les produits du tabac présentent des risques pour la santé ».

[1] CNCT, La composition des produits et de la fumée de tabac

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