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Manipulation chimique

Manipulation chimique

Les mystérieux agents de texture et de saveur des produits du tabac

Les cigarettes ne sont pas de simples feuilles de tabac roulées dans du papier. La cigarette moderne constitue un produit sophistiqué.

Outre les 4000 substances chimiques recensées dans la fumée de tabac (dont plus d’une centaine sont des cancérigènes bien connus), les documents internes de l’industrie du tabac ont révélé l’ampleur des recherches effectuées par cette dernière pour ajouter diverses substances chimiques, sans en avoir jamais informé les consommateurs.

Même un fabricant d’une simple barre chocolatée est tenu de présenter toute une liste d’ingrédients sur son emballage, qu’ils soient d’origine naturelle ou ajoutés.

Or, par une exception d’autant plus choquante qu’elle concerne le seul produit responsable de la mort de la moitié de ses consommateurs réguliers, les cigarettes échappent à cette obligation d’information, qui relève pourtant des règles les plus basiques du droit d’information du consommateur et de  protection de la santé publique…

Concernant les cigarettes, les additifs sont légaux. L’Union Européenne autorise l’adjonction de plus de 600 substances chimiques dans la fabrication des produits du tabac).

L’étude des documents de l’industrie du tabac nous apprend que les cigarettiers utilisent des agents chimiques afin d’accroître la dépendance à la nicotine (comme l’ammoniac) ou d’élargir les voies pulmonaires en vue d’accélérer l’absorption de la fumée (comme le cacao).

Certains additifs, comme les parfums et saveurs ajoutés, servent également à masquer l’âcreté du tabac, notamment pour les jeunes, afin qu’ils ne soient pas rebutés lorsqu’ils fument leurs premières cigarettes. Le sucre, le cacao, la réglisse et le chocolat attirent ainsi particulièrement les enfants et adolescents. C’est ainsi que se sont développées en France depuis ces dernières années des cigarettes roses et noires aux parfums de vanille caramel et de chocolat, spécialement destinées aux pré-adolescents. Aujourd’hui interdites, elles laissent néanmoins derrière elles tout un cortège d’autres produits du tabac, fortement dosés en fraise, ananas ou chocolat et tout aussi séduisants.

Afin de limiter les réactions des non fumeurs à l’égard de la nuisance de la fumée, des agents chimiques sont également ajoutés pour masquer les odeurs, l’irritabilité et la visibilité de la fumée  et ainsi faire en sorte que la fumée ne devienne pas un objet de « discorde ».

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Certains de ces additifs comportent des agents chimiques qui endommagent le foie ou sont suspectés de causer des cancers. Les dangers supplémentaires qui résultent de la présence de tant d’agents chimiques lors de la phase de combustion n’ont jamais été évalués.

Face à la méfiance croissante de l’opinion à l’égard des additifs de toute sorte, l’industrie du tabac tente de se positionner sur le business « vert » en mettant en avant des produits soi disant « naturels », « sans additif », avec des mentions « 0 % », sans jamais, comme à leur habitude, fournir aux consommateurs la moindre preuve de leur allégations publicitaires.

Ces arguments sont d’autant plus trompeurs qu’une cigarette sans additif n’est pas une cigarette moins dangereuse car les substances toxiques de la fumée de tabac résultent de sa combustion.

 

L’industrie du tabac a la main leste sur les doses de nicotine

 

Naturellement présente dans le tabac, la nicotine a également fait l’objet de manipulations diverses et prouvées, en dépit des dénégations de l’industrie du tabac.

En effet, une étude récente publiée en janvier 2007 par la Harvard School of Public Health a confirmé et étendu les conclusions de l’étude du Département de Santé Publique de l’Etat du Massachussets (Etats-Unis) parue en août 2006.

Bien qu’ils s’en défendent, les cigarettiers ont bien délibérément et  régulièrement augmenté les taux de nicotine dans les cigarettes afin de rendre les consommateurs plus dépendants, ce qui explique aussi pourquoi il est extrêmement difficile pour les fumeurs de se libérer de leur dépendance.

En août 2006, après avoir étudié les taux de nicotine de plus de 100 marques de cigarettes commercialisées aux Etats-Unis, le Département de Santé Publique du Massachussets a en effet révélé une augmentation moyenne de l’ordre de 10 % entre 1998 et 2004 du taux de nicotine contenu dans les cigarettes, toutes marques confondues.

L’étude a également mis en évidence que les trois marques les plus populaires auprès des jeunes aux Etats Unis, Marlboro, Newport et Camel, contiennent toutes plus de nicotine qu’en 1998.

Le record est toutefois battu par les cigarettes Kool, la marque de cigarettes mentholées consommée par deux tiers des noirs aux Etats Unis, avec une augmentation de 20 % du taux de nicotine.

Philip Morris, fabricant de la marque Marlboro, a immédiatement contesté les résultats, lesquels s’appuient pourtant sur des données fournies par les industriels eux-mêmes. Selon le cigarettier, il ne s’agirait que de «fluctuations inhérentes au processus normal de culture du tabac et de fabrication des cigarettes». Mais questionné sur l’existence ou non de pratiques d’ajout de nicotine dans les cigarettes, l’avocat de Philip Morris s’est contenté de répondre : « No comment. »

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