Tabac et santé

Accueil > Tabac et santé > Le tabagisme, première cause évitable de mortalité prématurée
Le tabagisme, première cause évitable de mortalité prématurée

Le tabagisme, première cause évitable de mortalité prématurée

Le tabac n’est pas un produit comme les autres. C’est le seul produit de consommation courante responsable du décès de la moitié de ses consommateurs réguliers. Dans le monde, le tabac est à l’origine de 8 millions de décès prématurés.

Consommé par environ 30 % de la population adulte[1] , le tabac est, de loin, la première cause de morts et de maladies évitables en France. Chaque année, ce sont plus de 75 000 fumeurs qui décèdent d’une pathologie liée à leur tabagisme dans notre pays, représentant 13% de la mortalité globale, 19% de la mortalité masculine et 7% de la mortalité féminine.

La moitié des victimes du tabac meurt jeune, entre 35 et 69 ans, correspondant à une réduction de l’espérance de vie de 20 à 25 ans par rapport à celle des non-fumeurs[2]. Le nombre de décès attribuables au tabagisme, chez les femmes, a été multiplié par 2,5 depuis 2000, passant de 8 027 en 2000 à 19 900 en 2015[3].

Les maladies inhérentes à la consommation du tabac sont nombreuses et de types variés, car presque tous les organes peuvent être affectés. Malheureusement, ces maladies sont souvent très graves, longues et douloureuses.

Le tabac, première cause de mortalité par cancer

En France, la première cause de mortalité est le cancer. Et la première cause de cancer est la consommation de tabac. 45 000 personnes décèdent chaque année en France en raison d’un cancer lié au tabac.

Cette dernière ne provoque pas uniquement des cancers des voies respiratoires. En effet, si elle affecte les poumons, la bouche, les lèvres, la langue, le larynx, le pharynx, elle touche aussi l’œsophage, la vessie, les reins, l’estomac, le pancréas, le col utérin, etc. Au total, le tabac est à l’origine de 17 localisations de cancer.

Parmi ces pathologies, certaines ont un faible espoir de guérison. Dans le cas du cancer du poumon, notamment, le taux de survie des patients à cinq ans est d’environ 18 % pour les hommes et de 24% chez les femmes[4].

Le tabac entraîne la survenue de maladies respiratoires

La consommation de tabac est à l’origine de maladies respiratoires, souvent chroniques et invalidantes, appelées broncho-pneumopathies chroniques obstructives (BPCO) : bronchite chronique, emphysème, débouchant, à terme, sur l’insuffisance respiratoire chronique, etc.

Le tabac, facteur de risque central des maladies cardiovasculaires précoces

Le tabac est un facteur de risque majeur de maladies cardio-vasculaires, tout particulièrement chez les sujets jeunes. En effet, 80 % des victimes d’infarctus du myocarde avant 45 ans sont des fumeurs. Entre 30 et 49 ans, le risque d’infarctus du myocarde chez le fumeur est multiplié par cinq.[5]. La consommation de tabac augmente également le risque de développer une hypertension artérielle, une athérosclérose, une artérite des membres inférieurs, ou un accident vasculaire cérébral.

Impact de la dose et de la durée de consommation de tabac sur la santé

L’excès de risque encouru par un fumeur dépend de sa consommation moyenne journalière (c’est-à-dire de sa dose de tabac par jour) et de l’ancienneté de son tabagisme (soit la durée au cours de sa vie).

Contrairement aux idées reçues, la durée de consommation a plus d’impact que la quantité de tabac consommée sur la santé. Par conséquent, à titre d’exemple, on peut considérer que doubler sa dose de tabac double l’excès de risque pour la santé. Mais doubler sa durée de consommation multiplie l’excès de risque environ par 20[6].

Les « petits fumeurs » qui fument longtemps dans leur vie encourent ainsi un risque important pour leur santé. Par comparaison avec les personnes n’ayant jamais fumé, les « petits fumeurs » meurent deux fois plus de maladies respiratoires et huit fois plus de cancer du poumon[7]. Une cigarette fumée par jour augmente le risque d’infarctus de 57 % chez la femme et de 48% chez l’homme, et le risque d’AVC respectivement de 31% et 25%. [8]

 

Pour en savoir plus sur les bénéfices de l’arrêt

 


[1] Pasquereau  A, Andler  R, Arwidson  P, Guignard  R, Nguyen Thanh  V.  Consommation de tabac parmi les  adultes  : bilan de cinq années de programme national contre le tabagisme, 2014-2019. Bull Epidémiol Hebd. 2020

[2] Doll Richard, Peto Richard, Boreham Jillian, Sutherland Isabelle.  Mortality in relation to smoking: 50 years’ observations on male British doctors BMJ 2004; 328 :1519

[3] Bonaldi C, Boussac M, Nguyen-Thanh V. Estimation du nombre de décès attribuables au tabagisme, en France de  2000 à  2015. Bull Epidémiol Hebd. 2019

[4] Delafosse Patricia, Defossez Gautier, Molinié Florence, D’Almeida Tania, Lecoffre Camille, Lafay Lionel, Mounier Morgane, Coureau Gaëlle, Trétarre Brigitte, Survie des personnes atteintes de cancer en France métropolitaine 1989-2018 – Poumon, 17 novembre 2020

[5] Dès 1 cigarette par jour, coeur et artères en danger, Fédération française de cardiologie, 28 mai 2018, consulté le 22 avril 2021

[6] Catherine Hill, « Conséquences du tabagisme sur la santé », in Le tabagisme, Yves Martinet, A. Bohadana et alii, Masson, 2004, p 64.

[7] Oelsner, E. C., Balte, P. P., et Al.. (2020). Lung function decline in former smokers and low-intensity current smokers: a secondary data analysis of the NHLBI Pooled Cohorts Study. The Lancet Respiratory Medicine8(1), 34-44. https://doi.org/10.1016/S2213-2600(19)30276-0

[8] Hackshaw A , Morris JK , Boniface S , Tang J-L , Milenković D Low cigarette consumption and risk of coronary heart disease and stroke: meta-analysis of 141 cohort studies in 55 study reports BMJ 2018 ;360 :j5855 DOI: 10.1136/bmj.j5855

Articles dans la même catégorie :