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Les aides pour arrêter de fumer

Les aides pour arrêter de fumer

Arrêter de fumer : une question de volonté ?

Comme pour d’autres comportements, la volonté ne sert qu’à prendre la décision d’arrêter, elle n’aide pas à rester abstinent. Ce n’est pas tant la volonté qui est importante pour arrêter de fumer que la(les) motivation(s) à résister aux envies de fumer et à apprendre à les gérer.

Mais la motivation n’est pas suffisante car la dépendance au tabac est à la fois une dépendance physique envers la nicotine (et sans doute d’autres substances contenues dans le tabac ou la fumée) et une dépendance psychologique et comportementale qui fait que l’on fume pour éviter un stress, se détendre, se concentrer…

Le degré de chacun de ces aspects de la dépendance est variable d’un fumeur à l’autre. Pour arrêter de fumer dans les meilleures conditions, il convient donc d’être motivé mais aussi d’avoir un traitement adapté pour éviter au mieux les symptômes de manque.

Pourquoi se faire aider pour arrêter de fumer ?

La dépendance au tabac est une vraie dépendance au même titre que celle des drogues dites dures. Toutes les substances créant une dépendance (tabac, alcool, cannabis, cocaïne…) stimulent certaines zones du cerveau qui sont responsables du plaisir et qui sont là pour récompenser nos «bons comportements» (ceux nécessaires à la vie comme boire, manger, se reproduire…). Les drogues détournent donc à leur profit des systèmes de récompense naturels, et il est difficile de se défaire d’une dépendance.

60 % des fumeurs ont envie d’arrêter de fumer, environ 40 % essayent de le faire chaque année, mais moins de 5 %[1] y arrivent s’ils ne sont pas aidés dans leur tentative. Pour cela, les fumeurs peuvent se tourner vers leur médecin ou leur pharmacien qui pourront leur procurer des conseils et éventuellement les orienter vers un tabacologue si nécessaire.

Comment arrêter de fumer ?

Seules les thérapies cognitives et comportementales et certains traitements pharmacologiques (substituts nicotiniques, Zyban® et Champix®) ont démontré scientifiquement leur efficacité dans l’arrêt du tabac. D’autres médicaments, ainsi qu’un vaccin anti-nicotine, sont actuellement en développement, mais n’ont pas encore totalement fait leurs preuves et ne seront au mieux disponibles que dans plusieurs années.

Certaines «techniques» ou traitements pharmacologiques n’ont pas fait la preuve de leur efficacité. C’est le cas de l’acupuncture, la mésothérapie, l’hypnose, l’homéopathie, la relaxation, des médicaments contre l’anxiété ou la dépression, le traitement par les plantes…

Il existe aussi tout un ensemble de «méthodes» sans fondement scientifique ; certaines d’entre elles sont de véritables «arnaques».

Dans tous les cas, il n’existe pas de traitement «miracle», et les fumeurs étant tous différents, le meilleur traitement est celui qui est adapté à l’individu en fonction de sa dépendance et de sa personnalité.

Les substituts nicotiniques

Seuls traitements pharmacologiques disponibles en pharmacie sans ordonnance, ils délivrent de la nicotine de façon beaucoup plus lente que la cigarette afin d’atténuer les symptômes de sevrage. Ils ont largement fait la preuve scientifique de leur efficacité dans plus d’une centaine d’études.

Comme la plupart des traitements efficaces (pharmaceutiques ou comportementaux), ils doublent ou triplent les chances d’arrêter de fumer à un an.

Il n’y a plus aucune contre-indication (sauf ne pas être fumeur dépendant) à leur utilisation (patients cardiovasculaires, diabétiques…), seulement des précautions d’emploi. Ils peuvent être utilisés à partir de 15 ans. Depuis 1997, l’utilisation des substituts nicotiniques est autorisée sous contrôle médical chez les femmes enceintes et les femmes qui allaitent.

Le traitement courant est de l’ordre de 3 mois. Selon la formulation, ils peuvent être utilisés jusqu’à 6 mois (patch) ou un an (gommes, comprimés, inhaleur) si nécessaire.

Les patchs (de plusieurs dosages pour une adaptation du traitement, puis une réduction progressive des doses) délivrent de la nicotine de façon continue au cours de la journée (sur 16h) et de la nuit (sur 24h) et sont donc faciles à utiliser.

Les gommes et les comprimés (à laisser fondre ou à sucer) existent en deux dosages (2 mg et 4 mg) à utiliser en fonction du degré de dépendance du fumeur. Plus souples d’emploi – car ils permettent de mieux contrôler une envie de fumer-  ils ont parfois tendance à être sous-utilisés par le fumeur qui «oublie» de les prendre régulièrement au cours de la journée.

L’inhaleur, ressemble à un fume-cigarette (pour la gestuelle) et délivre de la nicotine de la même façon que les gommes ou les comprimés (la nicotine est absorbée par la muqueuse buccale, elle n’est pas inhalée dans les poumons).

Le fait de fumer encore quelques cigarettes dans les premiers jours d’une tentative d’arrêt n’est plus une contre-indication à l’utilisation du patch ou des autres formes de substituts nicotiniques. D’ailleurs, les gommes, les comprimés et l’inhaleur peuvent être utilisés pour un arrêt progressif de fumer, où le fumeur remplace progressivement de plus en plus de cigarettes par des substituts jusqu’à abandonner la cigarette totalement. Cette réduction progressive de consommation est particulièrement adaptée aux fumeurs très dépendants. Ceux-ci, sur conseil médical, peuvent aussi utiliser en association un patch (qui délivre une dose continue de nicotine) et des gommes, des comprimés ou l’inhaleur (qui permettent de combattre efficacement les envies de fumer persistantes).

Les traitements d’aide à l’arrêt

Le Zyban® 

Le Zyban® (Bupropion) est un traitement de sept à neuf semaines, qui a démontré son efficacité dans l’aide à l’arrêt du tabac. Seuls les fumeurs physiquement dépendants peuvent l’utiliser. Il est délivré uniquement sur ordonnance, car son utilisation comporte des contre-indications et précautions d’emploi à respecter.

Le Zyban® est utilisable à partir de 18 ans, mais il est contre-indiqué chez les femmes enceintes et les femmes qui allaitent.

Le traitement est commencé 1 à 2 semaines avant l’arrêt définitif du tabac pour laisser le temps au traitement d’agir.

Le Champix®

Le Champix® (Varénicline) est un traitement de 12 semaines délivré uniquement sur ordonnance. Il est lui aussi soumis à des contre-indications (dont femmes enceintes et allaitantes) et n’est utilisable qu’à partir de 18 ans.

Ce médicament agit directement sur les mêmes récepteurs que la nicotine et peut inhiber la sensation de plaisir décrite par les fumeurs après la prise d’une cigarette.

Il doit donc être pris 1 à 2 semaines avant l’arrêt définitif du tabac pour laisser le temps au traitement d’agir et profiter de cet effet de diminution du plaisir associé à la cigarette.

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