L’ingérence de l’industrie du tabac : ce qu’il faut savoir
A l’occasion de la Journée Mondiale Sans Tabac le 31 mai 2012 qui a pour thème l’ingérence de l’industrie du tabac, le Comité National Contre le Tabagisme demande un engagement clair des pouvoirs publics sur l’article 5.3 du traité de l’OMS visant à préserver les politiques publiques de l’interférence des cigarettiers. Celle-ci constitue en France un obstacle majeur à l’adoption et à l’application des mesures efficaces de lutte anti-tabac et se traduit notamment par une reprise de la consommation de tabac dans notre pays. Pourtant, des mesures existent pour s’en protéger.
Paris, le 29 mai 2012– Cette année, l’Organisation Mondiale pour la Santé a choisi comme thème de la Journée Mondiale Sans Tabac l’ingérence de l’industrie du tabac en l’intitulant « Intimidation. Halte à l’interférence de l’industrie du tabac. Il faut dénoncer et déjouer les manœuvres de l’industrie du tabac visant à affaiblir la lutte antitabac. »
L’enjeu est majeur : protéger les politiques publiques de l’ingérence du tabac pour réduire durablement la consommation de tabac grâce à l’adoption et à la mise en œuvre de mesures dont l’efficacité a été démontrée.
Il y a urgence en France a indiqué le Pr Yves Martinet qui rappelle que « le tabac tue chaque jour 200 personnes, soit autant que l’alcool, les accidents de la route, le sida, les suicides, homicides et drogues illicites réunis. »
Or la reprise de la consommation de tabac (Données Baromètre INPES 2010) résulte notamment de cette interférence dans les politiques publiques de l’industrie du tabac et de ses alliés. Cette ingérence prend des formes multiples, directes et indirectes.
En France, elle se traduit notamment par des opérations de mécénats en particulier dans le domaine de la culture, de la santé, de la recherche et du secteur social, mais aussi des invitations à des manifestations à l’attention de responsables politiques, des rapports et initiatives parlementaires téléguidées, la diffusion d’études ou de colloques sans révéler les financements émanant de l’industrie en vue de produire des pseudo études contrant les mesures de santé publique. A cela s’ajoutent également les mesures d’intimidations à l’encontre des responsables politiques qui osent s’engager résolument dans la défense de l’intérêt général.
Toutes ces pratiques sont le plus souvent totalement illicites.
Elles sont par ailleurs contraires à l’article 5.3 du traité de l’OMS, la Convention Cadre pour la Lutte Antitabac, qui impose de protéger les politiques de santé publique de l’influence de l’industrie du tabac. « La France s’est engagée à le faire en ratifiant le traité, des moyens existent pour pouvoir contrer cette ingérence », affirme Emmanuelle Béguinot, en précisant que « c’est par l’adoption de pratiques claires et transparentes, en veillant à l’absence de conflits d’intérêts que la France pourra se libérer de cette ingérence incessante qui conduit les autorités publiques à trop souvent sacrifier l’intérêt général à des intérêts particuliers mortifères ».