Le constat de la Cour des Comptes est accablant et appelle à réagir !
Le rapport de la Cour des Comptes confirme la gravité de la situation de la France en matière de tabagisme et souligne les carences majeures des pouvoirs publics dans ce domaine au cours de ces dernières années. Les pays qui ont appliqué les mesures efficaces définies par le traité de l’OMS enregistrent des baisses de consommation alors que la situation de la France s’aggrave (1)
Le CNCT appelle à une mobilisation forte, structurée et continue pour que ce constat ne reste pas lettre morte.
Paris, le 13 décembre 2012 – La Cour des Comptes saisie par le Président de l’Assemblée Nationale afin d’évaluer les politiques publiques de lutte contre le tabagisme vient de rendre son rapport. Le diagnostic dressé par les magistrats de la Cour est remarquable (2) et rejoint celui réalisé par les associations qui alertent depuis des années sur la gravité de la situation et sur la carence des politiques de santé dans ce domaine.
Cette carence se traduit notamment par l’absence d’objectifs clairs, de stratégie lisible et de moyens affectés à la hauteur des enjeux. Alors même que les citoyens Français ont versé au cours de ces dernières années plus d’un milliard d’euros pour aider les buralistes à vendre un produit qui tue, seuls quelques centimes par an par personne ont été consacrés pour appliquer les mesures permettant de réduire la consommation de tabac des jeunes. Il s’ensuit une absence d’application et d’accompagnement des législations et autres mesures mais aussi une place majeure laissée à l’ingérence très forte de l’industrie du tabac et de ses alliés aux différents niveaux des prises de décision.
« Aujourd’hui, il est temps de réagir » souligne le Pr Martinet, Président du Comité National Contre le Tabagisme. « L’expérience de nombreux pays à travers le monde démontre qu’il n’y a pas de fatalité en ce qui concerne la consommation de tabac et que les politiques publiques peuvent être efficaces pour réduire durablement cette consommation. »
Dans cette perspective, le CNCT préconise un engagement à 6 niveaux :
1. Une mobilisation politique au plus haut niveau ;
2. La fin de l’ingérence de l’industrie du tabac et ses alliés dans la définition et la mise en œuvre des politiques publiques ;
3. La définition d’une stratégie nationale, fondée sur les preuves scientifiques réunies au sein du traité de l’OMS et de ses directives, stratégie connue de tous les acteurs ;
4. La structuration et coordination des actions avec un « Monsieur ou une Madame tabac », chef d’orchestre, au fonctionnement équivalent à celui de la sécurité routière ;
5. La poursuite de la professionnalisation au travers de formation dans des disciplines clefs, comme l’économie, le droit, le marketing, etc. ;
6. Le financement de la stratégie par l’affectation d’une redevance issue des recettes fiscales du tabac et/ou de la taxation des fabricants, avec redéploiement des fonds actuellement alloués à des actions non validées vers des actions reconnues comme efficaces.
Sources:
(1) Rapport de la Cour des comptes
(2) Discours du Président de la Cour des Comptes, le 13 décembre 2012