Tabagisme : une diminution historique de la consommation en France
Paris, le 15 octobre 2025. La France enregistre un recul historique de sa prévalence tabagique. Selon Santé publique France, 24% des Français indiquent consommer du tabac en 2024, et 17,4% déclarent être fumeurs quotidiens, soit le plus bas niveau jamais enregistré par les baromètres. Ces très bons résultats sont le fruit de politiques de santé publique efficaces et appellent à l’intensification des mesures de lutte contre le tabagisme.
Un recul de la prévalence quotidienne de près de six points
Selon Santé publique France, la prévalence tabagique quotidienne des Français âgés de 18 à 79 ans s’élève à 17,4%. Lors des éditions précédentes, les niveaux de consommation étaient calculés sur une base plus restreinte (18-75 ans), et limités à la France hexagonale. Selon ces mêmes critères, la prévalence tabagique des Français est estimée en 2024 à 25%, soit 6,1 points de moins qu’en 2023. Le tabagisme quotidien des 18-75 ans en France hexagonale s’établit quant à lui à 18,2%, contre 23,1% en 2023. Selon Santé publique France, ces résultats traduisent le retour d’une tendance à la baisse de la consommation tabagique, initiée depuis 2016 par la mise en place de plans nationaux de lutte contre le tabagisme, et interrompue pendant la pandémie de COVID-19.
Des inégalités persistantes face au tabagisme
En dépit de ces résultats, les chiffres de Santé publique France montrent la persistance d’inégalités face au tabagisme. Ainsi, la prévalence tabagique des hommes (19,7%) demeure significativement supérieure à celle des femmes (15,3%). Surtout, le tabagisme est un marqueur d’inégalités sociales face à la santé. Ainsi, la prévalence tabagique quotidienne des personnes titulaires d’un diplôme supérieur au baccalauréat (13%) est très inférieure à celle des personnes ayant un diplôme inférieur ou égal au baccalauréat (20,9%). De la même manière, les répondants déclarant une situation financière difficile sont trois fois plus susceptibles d’être fumeurs quotidiens que les personnes estimant être à l’aise financièrement (30% contre 10,1%).
Des disparités selon les régions
En France hexagonale, l’Île-de-France (14,6%) et la région Auvergne-Rhône-Alpes (16%) se distinguent par leur prévalence tabagique quotidienne significativement inférieure aux autres régions. À l’inverse, la région Provences-Alpes-Côte d’Azur (20,9%), l’Occitanie (20,6%) et le Grand Est (19,8%) enregistrent des niveaux de consommation plus élevés que la moyenne. À l’exception de La Réunion (16,1%), la prévalence tabagique des départements et régions d’outre-mer est très inférieure aux moyennes hexagonales (environ 10%).
Plus de la moitié des fumeurs souhaitent sortir du tabac
Selon Santé publique France, 55% des Français fumeurs souhaitent sortir du tabagisme. Ce souhait d’arrêter de fumer tend à être plus marqué auprès des 40-49 ans, des personnes diplômées, des cadres et professions intellectuelles supérieures ainsi qu’auprès des professions intermédiaires. Parmi les fumeurs, 17,3% déclarent avoir fait une tentative d’arrêt du tabac d’au moins sept jours au cours des douze mois précédant l’enquête. Là encore, Santé publique France note des disparités sociales, avec davantage de tentatives auprès des fumeurs quotidiens les plus favorisés. Par ailleurs, la proportion de fumeurs ayant fait au moins une tentative de sevrage tend à diminuer avec l’âge (28,2% chez les 18-29 ans contre 12,2 chez les 60-69 ans).
Pour le Pr. Yves Martinet, président du Comité national contre le tabagisme, « cette diminution historique de la prévalence tabagique est une excellente nouvelle pour la société française dans son ensemble. Les efforts conjointement entrepris par les pouvoirs publics et la société civile portent leurs fruits, et doivent être poursuivis pour que l’objectif d’une prochaine génération sans tabac soit tenu ».