Le CNCT salue le recul du tabagisme chez les jeunes et appelle à renforcer l’encadrement des produits du vapotage
Paris, le 29 avril 2026 – Avec un tabagisme quotidien en forte baisse chez les lycéens, passé de 17,5 % en 2018 à 5,5 % en 2024, la France enregistre une avancée majeure en matière de santé publique, confirmant qu’une génération sans tabac est devenu aujourd’hui un objectif atteignable. En revanche, dans le même temps, près d’un lycéen sur deux (46 %) a déjà expérimenté la cigarette électronique, illustrant l’attractivité de ces nouveaux produits nicotiniques. Pour le CNCT, ces résultats appellent à ne pas relâcher les efforts : si les politiques menées portent leurs fruits, elles doivent désormais être poursuivies, et étendues aux produits autorisés du vapotage afin de prévenir une nouvelle dynamique d’initiation et de dépendance chez les jeunes.
Le tabagisme recule fortement, devenant marginal au collège (0,9 %), tandis que le vapotage progresse nettement au lycée : 46 % des élèves ont déjà expérimenté la cigarette électronique en 2024 (contre 35,1 % en 2015) et son usage quotidien augmente (6,8 % en 2024 contre 3,8 % en 2022), avec des niveaux plus élevés en lycée professionnel (11,1 % contre 5,3 %). Parallèlement, 9,5 % des lycéens consomment quotidiennement tabac et/ou cigarette électronique (dont 2,6 % en usage double). La cigarette électronique s’impose comme un produit d’initiation, y compris chez des jeunes n’ayant jamais fumé, avec une progression de l’usage exclusif (0,8 % en 2018 à 4,0 % en 2024) tandis que le tabagisme exclusif recule (15,5 % à 2,9 %).
Maintenir les acquis et agir face à la progression du vapotage
La baisse du tabagisme chez les jeunes constitue une avancée majeure, résultant d’un ensemble cohérent de politiques publiques (hausse des prix, paquet neutre, interdictions de publicité, actions de prévention) dont l’efficacité sur les comportements est aujourd’hui une fois de plus démontrée et qu’il est indispensable de maintenir.
En revanche l’évolution à la hausse, dans des proportions importantes de l’usage de cigarettes électroniques reflète la capacité d’adaptation de l’industrie du tabac et de la nicotine, qui investit massivement ces segments pour contourner les restrictions appliquées aux produits du tabac classiques et maintenir ses marchés.
La diffusion de la cigarette électronique chez les adolescents s’inscrit dans des stratégies marketing délibérément orientées vers les jeunes : arômes attractifs, design inspiré des codes de la confiserie, forte présence sur les réseaux sociaux et visibilité en points de vente. Ces pratiques poursuivent un objectif clair : recruter de nouveaux consommateurs et pérenniser la dépendance à la nicotine. Cette banalisation repose également sur une accessibilité persistante des produits. En France, près d’un tiers des points de vente continuent de proposer ces produits à des mineurs, révélant des défaillances importantes dans l’application de la réglementation.
Dans ce contexte, le CNCT appelle à une mobilisation de tous et à une réponse notamment réglementaire à la hauteur des enjeux de protection des jeunes. Les mesures ayant permis de faire reculer le tabagisme doivent être étendues sans délai aux produits du vapotage : conditionnement neutre, interdiction effective de la vente en ligne et encadrement strict de la distribution au détail, renforcement des contrôles et fin de l’exception publicitaire sur les lieux de vente. Le CNCT rappelle enfin que les intérêts des acteurs du secteur du tabac, quel que soit le produit concerné, ont été reconnus comme inconciliables avec ceux de l’intérêt général et de la santé publique.
Pr Yves Martinet, président du CNCT : « La baisse du tabagisme chez les jeunes est une réussite incontestable, mais elle demeure aujourd’hui fragile. L’industrie du tabac et de la nicotine déploie des actions visant à faire entrer les jeunes dans l’addiction par de nouveaux produits et à devenir des polyconsommateurs. Derrière l’essor du vapotage, on retrouve les mêmes logiques : séduire, banaliser, fidéliser, au mépris des risques et de la protection des jeunes. Tant que ces produits resteront attractifs, accessibles et insuffisamment encadrés, nous continuerons à exposer les jeunes à une dépendance précoce. Il est urgent d’appliquer au vapotage le même niveau d’exigence que celui qui a permis de faire reculer le tabac. »