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L’industrie du tabac : victime ou bénéficiaire de la contrebande ?

L’industrie du tabac : victime ou bénéficiaire de la contrebande ?

Les représentants de l’industrie du tabac multiplient les opérations de communication pour se plaindre des trafics et se présenter comme victimes de la situation. Pourtant la réalité est tout autre : les produits de contrebande sont bien fabriqués par ces industriels qui en tirent un bénéfice majeur quand ils ne sont pas directement à la manœuvre pour organiser ce commerce illicite.

Paris, le 28 mai 2015 – Hier Seita-Imperial Tobacco, aujourd’hui Philip Morris… chaque jour, les fabricants de tabac communiquent sur la question du commerce illicite des produits du tabac et n’hésitent pas à annoncer des chiffres toujours plus alarmistes, sans rapport avec la réalité.
L’objectif est clair : se présenter comme des victimes de ces trafics, empêcher l’adoption de mesures de santé publique (paquets neutres, hausse des taxes etc.) présentées comme responsables de cette situation et apparaître comme des interlocuteurs crédibles, soucieux de lutter contre ce commerce illicite.
Pourtant les faits sont têtus. L’industrie du tabac tire profit des ventes qu’elles soient légales comme illégales (1).
L’implication des fabricants dans le commerce illicite, que ce soit par la contrebande ou la fabrication illégale, est largement documentée et démontrée (2).
L’ensemble des fabricants sont concernés notamment ceux qui s’expriment avec force aujourd’hui (cf dossier de presse).

Il est vrai que des mesures efficaces pour lutter contre le commerce illicite des produits du tabac sont actuellement en discussion et pourraient porter atteinte à ce « business » très lucratif.
La France s’est en effet engagée à ratifier le protocole de l’Organisation mondiale de la santé de lutte contre le commerce illicite des produits du tabac. Ce protocole prévoit notamment la mise en place d’un système de suivi et de traçabilité indépendant, à la source, des fabricants de tabac ainsi qu’un renforcement des sanctions à l’encontre des contrevenants. Les cigarettiers s’efforcent d’empêcher la mise en place d’un tel dispositif en imposant leur système de marquage.

« Il est grand temps de sortir de ce jeu de dupes » déclare le Pr Yves Martinet, Président du Comité National Contre le Tabagisme. Le commerce illicite des produits du tabac nuit à la santé publique mais il n’y a pas de fatalité. Les mesures pour l’endiguer passent par un strict contrôle de la chaîne d’approvisionnement et imposent que le contrôlé, en l’espèce le fabricant de tabac, ne puisse en même temps être le contrôleur ou celui qui donne les codes à suivre. Un principe de base rappelé par la Cour des comptes. 

Pour plus d’information :
– Dossier de presse
– Rendez-vous à la session d’information organisée par le ministère de la Santé
 

 
Sources :
(1) Joossens L, Raw M. Cigarette smuggling in Europe : who really benefits? Tob Control 1998;7:66–71. doi:10.1136/tc.7.1.66
(2) Collin J, LeGresley E, MacKenzie R, et al. Complicity in contraband: British American Tobacco and cigarette smuggling in Asia. Tob Control 2004;13:ii104–11. doi:10.1136/tc.2004.009357
 
 

Contact presse :
Pr Yves Martinet : 01 55 78 85 10

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