Le scandale des pratiques de corruption de BAT touche le siège social
Suite à de nouvelles accusations portées par divers lanceurs d’alerte, l’enquête sur le scandale d’espionnage et de corruption au sein de la firme British American Tobacco (BAT) Afrique tend aujourd’hui à démontrer que le siège de l’entreprise, basé à Londres, est impliqué dans l’affaire.
L’office britannique d’enquête et de lutte contre la corruption (SFO, Serious Fraud Office) analyse des pièces et documents internes de l’entreprise remis aux enquêteurs au Kenya par un ancien responsable de la sécurité de BAT, Paul Hopkins. Ce dernier a reconnu avoir espionné et « acheté » pour le compte de BAT pendant plus de 13 ans en Afrique de l’Est et ce, jusqu’en mars 2014. Il affirme que parmi les pratiques délictuelles de la firme, il y avait la corruption d’hommes et femmes politiques, et de responsables au gouvernement dans au moins 5 pays d’Afrique afin de saper les politiques publiques de santé et empêcher la mise en œuvre du traité de l’Organisation Mondiale de la Santé, la CCLAT (Convention Cadre pour la Lutte Antitabac). Le SFO enquête ainsi sur des questions de corruption, mais aussi d’évasion fiscale.
BAT, qui fabrique les marques Dunhill, Rothmans et Lucky Strike, a reconnu que des actions de corruption avaient bien eu lieu de la part de l’entreprise en Afrique de l’est. La multinationale a toutefois maintenu que le siège social à Londres n’était pas courant de ces agissements et que l’entreprise ne tolère pas les comportements illégaux.
Toutefois, le plus grand doute quant à la véracité de ces affirmations est permis suite à la transmission par Hopkins au SFO de conversations secrètement enregistrées avec les grands dignitaires de la firme.
