Le tabac est une plante fragile susceptible d’attraper de nombreuses maladies. Il s’ensuit que des quantités importantes de fertilisants, herbicides et pesticides sont utilisées pour cette culture.

Parmi les pesticides les plus fréquemment utilisés, on note l’aldicarb et le chlorpyrifos, qui sont deux insecticides hautement toxiques.

De même le bromure de méthyle, un composé chimique portant fortement atteinte à la couche d’ozone, est également très répandu pour fumiger les sols avant la plantation des semences de tabac. En 1997, plus de 2,5 millions de kilos de bromure de méthyle ont été déversés dans les champs de tabac dans le monde[1].

Les effets de l’usage de ces produits toxiques ne sont pas évalués et surveillés en tant que tels, mais l’on sait que ces produits traversent les sols et infiltrent les nappes phréatiques, les rivières et se retrouvent présents dans les chaînes alimentaires.

Ces substances peuvent également indirectement conduire à l’apparition d’une sélection génétique de moustiques et de mouches résistants aux pesticides contribuant par là même à aggraver la lutte contre certaines maladies telles le paludisme.

La maladie du tabac vert 

En plus des risques sanitaires posés par l’utilisation des pesticides, les tabaculteurs sont susceptibles de contracter la maladie du tabac vert.  Dans la culture du tabac, cette maladie est due à l’absorption par la peau de grandes quantités de nicotine lors de la manipulation de feuilles de tabac humides. Les enfants ouvriers dans les pays pauvres, en raison de leur plus faible corpulence, sont particulièrement sensibles à cette intoxication qui provoque étourdissements, malaises, vomissements, maux de crâne et faiblesse musculaire.

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Source : Human Rights Watch

 


[1] Tobacco, farmers and pesticides. Pesticide action network, 1998.