Le tabac : un marqueur social en France et dans les pays aisés

Aujourd’hui, les personnes issues de catégories socio-professionnelles moins favorisées sont plus nombreuses à fumer et sont moins nombreuses à parvenir à arrêter. Les plus gros fumeurs sont les plus pauvres[1]. En France, alors que la prévalence moyenne est de 30 %, la part des ouvriers et des chômeurs est respectivement de 43 et 49 %[2].

Il existe également un lien fort entre diplôme, emploi, revenu et statut tabagique : les moins diplômés sont en moyenne 45 % à fumer alors que cette proportion est limitée à 26 % pour les personnes ayant un diplôme universitaire[2].

Le tabagisme constitue l’un des facteurs majeurs des inégalités sociales et de santé. Il est directement responsable d’une partie importante de la différence d’espérance de vie selon les catégories sociales.

De plus, les enfants issus de familles défavorisées sont plus exposés au tabagisme passif que ceux issus de milieux plus aisés. Au Royaume Uni, 54 % des enfants de milieux peu aisés étaient exposés à la fumée de tabac à leur domicile alors que cette proportion était de 18 % parmi les catégories aisées. Or, cette exposition au tabagisme parental présente des risques directs pour les enfants et de surcroît, contribue à la reproduction des comportements : on sait en effet qu,e le risque qu’un enfant se mette à fumer est plus important s’il a eu un de ses parents fumeur[3].

Crédits photo : © Nolte Lourens


[1] The Oxford Health Alliance. Chronic disease : an economic perspective, Londres, 2006
[2] Regards Santé n° 20, ORS PACA, 2009
[3] Tyas S, L & Pederson LL, 1998, Psychosocial factors related to adolescent smoking : a critical review of the literature, Tob Control 7 (4) 40- 420