Le tabagisme fait plus de 8 millions de victimes par an dans le monde. Ainsi, toutes les 6 secondes, une personne meurt du tabac.

Ce produit, consommé dans tous les pays, est le seul produit qui tue prématurément un de ses consommateurs sur deux[1]. Pourtant, il reste la première cause de décès évitable.

La plupart des effets du tabac sur la santé n’apparaissent que plusieurs années voire plusieurs décennies après avoir commencé à le consommer. De ce fait, si cette consommation augmente partout dans le monde, la mortalité liée au tabac n’a à ce jour pas encore atteint son maximum.

Selon le rapport de l’Organisation mondiale de la Santé[2], si aucune mesure n’est prise d’urgence pour endiguer l’épidémie de tabagisme, le nombre annuel de décès pourrait atteindre 8 millions d’ici 2030.

Le tabagisme en France

L’âge de la première cigarette se situe en France vers 11 ans et 8 mois[3].

En 2010, 26,9 % des 12-85 ans déclarent fumer quotidiennement et 4,7 % occasionnellement. Le tabagisme reste une pratique plus masculine concernant 35,5 % des hommes et 27,9 % des femmes. Sur l’ensemble de la population des 15-75 ans, la part de fumeurs quotidiens a augmenté de 2 points entre 2005 et 2010, passant de 26,9 % à 28,7 %  [4].

Le tabac tue chaque année en France plus de 73 000 personnes[5], soit autant que l’alcool, les accidents de la route, le sida, les suicides, homicides et drogues illicites, réunis. 

Les causes des décès attribuables au tabac sont5:

  • le cancer : 54 % hommes et 29 % des femmes meurent d’un cancer lié au tabac ;
  • les maladies cardiovasculaires : 18 % des hommes et 23 % des femmes meurent d’une maladie cardiovasculaire liée au tabac ;
  • les maladies respiratoires : 14 % des hommes et 27 % des femmes meurent d’une maladie respiratoire liée au tabac.

Contrairement aux idées reçues, les conséquences du tabagisme peuvent toucher des populations jeunes et ainsi tuer prématurément.

Face à ces données, il est important de rappeler que l’arrêt du tabac est bénéfique quel que soit l’âge auquel la décision est prise. Mais aussi qu’environ 60 % des fumeurs déclarent avoir envie d’arrêter de fumer.

Des mesures efficaces pour enrayer cette épidémie existent

Elles consistent à améliorer la santé des populations en éliminant ou en réduisant leur consommation de produits du tabac et leur exposition à la fumée du tabac.

Ces mesures sont réunies dans un traité international : la Convention Cadre pour la Lutte Anti-Tabac (CCLAT) de l’Organisation mondiale de la Santé. Le CNCT, à l’échelle de la France, s’emploie à faire adopter et mette en œuvre ces dispositions.

Elles visent notamment à :

  • prévenir les jeunes de commencer à fumer et de devenir dépendant de ce produit ;
  • aider les fumeurs à arrêter ;
  • protéger les non-fumeurs, et les fumeurs, contre les risques liés à l’exposition au tabagisme passif ;
  • réduire, puis supprimer, les coûts humain et social résultant de la consommation de tabac.

 


[1] Etude Doll et Peto : suivi, sur 50 années d’une cohorte de 35 000 médecins anglais de sexe masculin, interrogés sur leurs habitudes en matière de tabac. Source de la statistique: Richard Doll, Richard Peto, Jillian Boreham, Isabelle Sutherland. Publiée dans le British Medical Journal 328:1519 (26 June), doi:10.1136/bmj.38142.554479.AE (published 22 June 2004) : “Mortality in relation to smoking: 50 years’ observations on male British doctors” – http://www.bmj.com/cgi/content/full/328/7455/1519
[2] WHO Report on the Global Tobacco Epidemic, 2009: Implementing smoke-free environments, Organisation mondiale de la Santé.
[3] Enquête de la Fédération Française de Cardiologie réalisée annuellement par Kantar Health depuis 12 ans auprès des jeunes de 10 à 15 ans
[4] Premiers résultats du Baromètre Santé 2010 – Evolutions récentes du tabagisme en France, Institut national de prévention et d’éducation à la santé (INPES)
[5] Catherine Hill, Epidémiologie du tabagisme, Revue du praticien, vol 62, mars 2012