NON. Contrairement à une idée reçue très répandue, le sport n’élimine pas les goudrons ni toutes les substances toxiques inhalées par le fumeur. Et, la dépendance à la nicotine est la même pour tout le monde, de même que l’impact du monoxyde de carbone sur les artères et la toxicité des goudrons sur la muqueuse bronchique.
Un danger… et un handicap pour le sportif
Les fumeurs sportifs comme les autres fumeurs sont donc exposés aux effets délétères du tabagisme. Rappelons que le tabagisme est en France la première cause de mortalité prématurée évitable, tant en cancérologie qu’en pathologie cardio-vasculaire.
Même jeune, un sujet sportif n’est pas protégé vis-à-vis de ces risques, en particulier cardiovasculaires. En effet les mécanismes par lesquels le tabac est à l’origine des complications cardio-vasculaires aiguës sont essentiellement la formation de caillot dans une artère souvent peu altérée, la provocation de spasmes réduisant brutalement le calibre des artères et des phénomènes inflammatoires au niveau de la paroi artérielle, ce qui explique la possibilité d’accidents précoces comme chez un sujet non sportif.
Par ailleurs, indépendamment du risque de complication cardiovasculaire, le tabagisme, même modéré limite la performance sportive, surtout en endurance, car il perturbe profondément l’apport en oxygène au niveau du cœur et des muscles, le monoxyde de carbone prenant sa place dans les globules rouges. En conséquence, le cœur a besoin de travailler davantage pour apporter l’oxygène nécessaire aux cellules. Or, lui-même soumis à cette mauvaise oxygénation et à une fréquence cardiaque déjà plus élevée au repos, le cœur est dans des conditions non optimales pour assurer cette adaptation de débit à l’effort
Ainsi, ne pas commencer à fumer ou arrêter le tabac constitue pour un sportif la meilleure option :
- Pour prévenir l’ensemble des risques pour la santé, qui ne sont pas moins importants que chez un sujet non sportif ;
- Mais également pour améliorer son confort, ses performances physiques et sa compétitivité.
Le sport, une aide au sevrage tabagique
Faire de l’exercice peut être une aide significative dans l’arrêt du tabac. Cela limite le syndrome de sevrage (manque de nicotine), aide à gérer d’autres symptômes de sevrage, limite la prise de poids et réduit le stress. De plus, lors de l’arrêt, la fréquence cardiaque diminue, la circulation sanguine et la fonction pulmonaire s’améliorent, ce qui rend l’activité physique plus facile et constitue un élément supplémentaire de motivation au sevrage.
Pour aller plus loin : Pr Daniel Thomas, Sport et tabagisme : handicap et liaison dangereuse, Fédération Française de Cardiologie, 12 novembre 2018, mis à jour le 21 mai 2021, consulté le 10 août 2021