Aujourd’hui, les grandes compagnies de tabac annoncent aujourd’hui avoir mis en place des programmes de réduction de leurs émissions de CO et elles reconnaissent officiellement la portée défavorable que le changement climatique pourrait avoir sur leurs chiffres d’affaires et sur l’environnement[1]. Pour autant, en 2006, les émissions de la seule compagnie de tabac BAT (British American Tobacco) représentait avec une production de 690 milliards de cigarettes, l’équivalent de d’une demie-tonne de CO2[2].

Par ailleurs, les fabricants de tabac se livrent fréquemment à des activités de blanchiment moral, à travers des opérations dites « écologiques ». Récemment, British American Tobacco (BAT) a prétendu avec force vouloir faire prendre conscience aux fumeurs de l’impact écologique de leur consommation tabagique et limiter le rejet des mégots dans la nature. La démarche réelle de ce cigarettier consistait en réalité en un contournement de la loi lui interdisant de faire de la publicité et la promotion de ses produits.

Le traité de la CCLAT se caractérise par la nécessité pour les pays de trouver des solutions de remplacement économiquement viables à la culture du tabac.

En effet, de nombreux pays comme le Brésil ou le Kenya ont démontré l’existence de plusieurs alternatives rentables et durables à la culture du tabac[3], rendant l’agriculture plus compétitive et plus productive tout en promouvant parallèlement l’utilisation durable des ressources naturelles.

 


[1] Réponses de BAT, Imperial Tobacco, Japan Tobacco International, à la consultation britannique sur le projet de réduction des gaz à effet de serre, 2004, https://www.cdproject.net/en-US/Pages/HomePage.aspx

[2] Rapport annuel de BAT 2006

[3] Les Politiques de Développement et le Tabac, http://www.smokefreepartnership.eu/IMG/pdf/french_draft_4.pdf