Les multiples facettes de la désinformation

 

Pendant des décennies, la désinformation de l’industrie du tabac a concerné les produits : il s’agissait de nier la toxicité du tabagisme actif puis passif. Aujourd’hui, ce négationnisme des risques pour la santé ne fait plus partie du discours des fabricants, au moins en ce qui concerne le tabagisme actif. Le positionnement est moins clair concernant la dangerosité du tabagisme passif.

En revanche, l’industrie du tabac a focalisé sa stratégie de communication autour de thèmes simples, voire simplistes susceptibles de toucher tout particulièrement les décideurs, politiques et économiques. A cela s’ajoute un axe visant à maintenir le tabagisme comme une norme incontournable de la société en rattachant le fait de fumer à une liberté fondamentale.

 

Dans cette perspective, les thématiques récurrentes de l’industrie du tabac et de ses alliés (buralistes, etc.) ont été structurées selon les axes suivants :

  • La dimension économique : maintenir l’idée reçue que le tabagisme rapporterait à l’Etat, que ce secteur constituerait un poids important pour l’économie française, et que toute mesure induirait des pertes économiques, des pertes d’emplois etc. ;
  • La dimension sécuritaire avec la création de pseudo-études exagérant l’importance des chiffres du commerce illicite avec en filigrane la question de trafics, de réseaux de criminels organisés, ou encore toute la rhétorique autour des cigarettes de contrefaçon plus nocives que les cigarettes du marché officiel ;
  • Enfin, la dimension sociale aborde la question du tabagisme essentiellement autour du « choix des adultes fumeurs », de la lutte contre toute forme d’hygiénisme sanitaire et de « Nanny state » (Etat-nounou) annihilant toute responsabilité des individus. En corollaire s’inscrit tout le positionnement de l’industrie du tabac qui affirme ne pas vouloir vendre à des mineurs, alors même que ses produits ciblent les jeunes.

Les deux premières dimensions (économique et sécuritaire), ne sont pas avérées mais s’appuient sur une confusion dans la présentation des faits comme, par exemple, contrebande et achats transfrontaliers. Surtout, elles font l’objet d’un tel matraquage qu’elles persistent dans l’esprit des journalistes, de l’opinion publique et des décideurs qui vont jusqu’à reprendre les arguments de l’industrie. La troisième dimension (sociale) fait l’objet de manœuvres plus subtiles, au travers d’agences de relations publiques et d’agences de communication et via le recours à des leaders d’opinion pour lesquels on ne peut d’emblée établir un lien avec l’industrie du tabac.

Voir le cas du site Le Monde du Tabac, organisation-écran de la Confédération des Buralistes 

Voir l’affaire Jacques Tati