Comment vendre la mort avec du textile

marlboro

Une autre technique des fabricants de tabac pour valoriser l’image de leur marque consiste à développer des produits qui n’ont à priori pas de rapport avec le produit phare des marques (le tabac) mais en porte le nom, pour en véhiculer le rêve, l’esprit, la promesse, l’univers.

Ainsi, à travers la création de leur propre ligne de vêtements, les industriels du tabac essaient de contourner la loi Evin qui leur interdit de faire de la publicité directe en promouvant par d’autres moyens leurs propres marques.

Cette publicité peut être visible aussi bien dans l’enseigne de la marque éponyme que sur les vêtements et autres accessoires, transformés en véritables objets publicitaires comme Camel Boots ou Marlboro Classics.

Un autre exemple ? Dans le cadre d’une plainte déposée par le CNCT le 16/08/1993 à Paris qui visait les campagnes publicitaires pour la marque de vêtements Winston Spirit, un plan de fraude à la loi « Evin » démontrant l’intention des dirigeants de la violer systématiquement au cours des années 1992-93 a été découvert.

Cette perquisition réalisée le 02/02/1995 au siège parisien de RJ Reynolds a permis la découverte d’un précieux document : le plan de communication 1992-1997 de R-J Reynolds. Y est décrit comment contourner la loi « Evin » et y figure la « grandfather clause » stipulant que la firme s’engageait à indemniser les sociétés travaillant pour elle (agences de pub, fabricants de chemise entre autres) et qui seraient condamnées pour avoir violé la loi.

En complément, ces fabricants créent des gammes de produits de plus en plus diversifiés, allant des sacs aux parfums, en passant par les ceintures, portefeuilles, montres, stylos, boutons de manchette, porte-clés, chapeaux, etc..

Pourquoi ?

Pour faire partie intégrante du paysage quotidien, être visibles et mémorisés de tous et enfin, demeurer dans l’espace public, en dépit de l’interdiction de toute publicité et promotion directe et indirecte en faveur des produits du tabac.