Lobbying du tabac en France : le CNCT accuse

A l’occasion de la Journée Mondiale Sans Tabac, le Comité National Contre le Tabagisme révèle les résultats d’une étude consacrée à l’influence exercée par l’industrie du tabac en France sur les politiques de santé publique. Des recommandations concrètes sont faites pour protéger l’intérêt général. Ces mesures sont destinées à être partie prenante du prochain Programme National de Réduction du Tabagisme de la Ministre des Affaires sociales et de la santé.

Paris, le 22 mai 2014 – A l’occasion de la Journée Mondiale Sans Tabac, le CNCT rend publics les résultats d’une étude consacrée aux pratiques d’ingérence de l’industrie du tabac dans les politiques publiques de lutte contre le tabagisme. Cette étude a été réalisée avec le soutien financier de l’Institut National du Cancer et la Direction Générale de la Santé (Ministère de la Santé), dans le cadre de l’application par la France du traité international de l’OMS, la Convention-cadre pour la lutte antitabac.

En partenariat avec 60 Millions de Consommateurs, le CNCT dévoile dans le magazine ses résultats dans un dossier qui souligne combien les fabricants de tabac parviennent, dans une large mesure, à imposer « leur » loi.

Le CNCT lance également dès aujourd’hui sur son site Internet son observatoire « Lobbying & Influence » sur les pratiques d’ingérence de l’industrie du tabac. A titre d’illustrations, celles-ci se traduisent notamment par :

Ces formes d’ingérence prennent ainsi des formes multiples, directes et indirectes. Le CNCT accuse ainsi l’industrie du tabac d’influencer par ce biais la décision politique dans un sens favorable à ses intérêts et non à l’intérêt général.

« Documentées et présentées de manière factuelle, les pratiques d’ingérence de l’industrie du tabac sont une réalité en France. Cette situation est d’autant plus redoutable que les modalités d’action sont tous azimuts et souvent diffuses. », indique Emmanuelle Béguinot, Directrice du CNCT.

Des mesures ont été adoptées par la France et par près de 180 autres pays dans le monde. Ainsi la France s’est engagée à les mettre en œuvre. « Il importe aujourd’hui que ces mesures de protection deviennent réalité » mentionne le Pr Yves Martinet, Président du CNCT. « C’est notamment l’enjeu de les inclure dans le prochain Programme National de Réduction du Tabagisme préparé par Mme la Ministre des Affaires Sociales, Marisol Touraine. », ajoute-t-il.

Concrètement, ces mesures, adoptées au niveau international par un nombre croissant de pays, prévoient :

1. Une plus grande transparence dans les relations indispensables à nouer entre les autorités publiques et les fabricants de tabac ainsi que leurs représentants ;
2. Une plus grande transparence de la part des fabricants de tabac, avec une information relative à leurs dépenses en lobbying, marketing, leurs multiples études internes ;
3. L’absence de financement public à toute activité qui serait directement ou indirectement soutenue par les fabricants de tabac ou leurs représentants ;
4. Le refus de tout partenariat volontaire avec une industrie dont la France reconnaît que les intérêts sont inconciliables avec ceux de la santé des populations ;
5. Une absence de soutien direct ou indirect de la part de l’Etat en direction d’un secteur d’activité qui coûte cher à la santé et aux finances de notre pays ;
6. L’application d’une politique rigoureuse en matière de conflits d’intérêts en France mais également au niveau des institutions européennes dont les décisions peuvent également impacter la France.