Industrie du tabac – OIT : vers la fin d’un blanchiment moral?

Le 16 mars, le Conseil d’Administration de l’Organisation Internationale du Travail abordera la question de ses relations avec l’industrie du tabac. Depuis des années, l’OIT est financée par cette dernière qui s’efforce par ce biais de se racheter une image et de faire oublier qu’elle fait travailler des milliers d’enfants dans le monde pour des salaires de misère, dans des conditions dangereuses et en les privant d’éducation. Le CNCT soutient la demande de mettre un terme à ces relations qui vont à l’encontre des objectifs et des valeurs de l’Organisation Internationale du Travail et demande que la France qui détient un siège au sein du Conseil appuie cette position.

 

Paris, le 15 mars 2017 – Lors de la 329ème session de son Conseil d’Administration, l’Organisation Internationale du Travail (OIT) compte à son ordre du jour la question de ses relations avec l’industrie du tabac. Depuis des années, l’organisation internationale compte parmi ses partenaires des structures dépendant de l’industrie du tabac. Or l’OIT est une agence membre de l’UNIATF, task force des agences des Nations Unies dans le domaine de la prévention et de la lutte contre les maladies non transmissibles, qui a adopté une politique modèle en matière de protection des agences des Nations Unies à l’égard de l’ingérence de l’industrie du Tabac. Cette politique suppose le rejet de tout partenariat, programme mené conjointement, accord contraignant ou pas et tout autre type de relations volontaires avec l’industrie du tabac.

Depuis des années, des structures dépendant de l’industrie du tabac financent l’OIT et ce, dans le cadre d’une stratégie générale de financements de structures sociales et autres destinées à redorer l’image des fabricants de tabac. Ce faisant, les fabricants de tabac visent non seulement à voiler les pratiques déplorables auxquelles ils continuent à avoir recours pour inciter les jeunes à fumer mais ceci leur permet également d’occulter la responsabilité qu’ils ont dans le travail des enfants, soumis à des conditions de travail indignes, mettant en péril leur santé, et les privant des droits les plus élémentaires comme le droit à l’éducation.

Il est donc grand temps que l’OIT mette en accord ses principes de protection des personnes au travail et ses actes en mettant un terme à ce type d’accords. La France qui siège au sein du Conseil d’Administration de l’OIT se doit d’appuyer une telle position.

« Il ne faut jamais oublier que le combat de la lutte contre le tabagisme avec l’instauration de lieux de travail sans fumée, la protection des mineurs constituent des dispositions protectrices des personnes sur les lieux de travail et va directement dans le sens des activités de l’OIT. Tout accord entre l’OIT et l’industrie du tabac est un non sens à l’instar des accords des fabricants de tabac en matière de prévention du tabagisme des jeunes » déclare le Pr Yves Martinet, Président du Comité National Contre le Tabagisme.

Contact presse :
Pr Yves Martinet : 01 55 78 85 10