Témoignagne : « Arrêter de fumer, hors de question ! » – Jean-Marie Melotte

Arrêter de fumer une expérience très personnelle, mais il est parfois utile d’avoir la perspective de gens qui ont réussi à arrêter, par choix ou par nécessité, et qui savent ce que vous vivez. C’est pourquoi, en plein #MoisSansTabac nous vous proposons ici un témoignage d’un ancien fumeur, Jean-Marie Melotte, qui a commencé à fumer à 18 ans et actuellement patient au CHRU de Lille depuis 2012 , date à laquelle ont commencé ses ennuis de santé liés au tabagisme. Il a donc décidé d’écrire sa propre histoire à partir de l’année 2012 à ce jour. Son manuscrit de 27 pages, sur un ton essentiellement positif est conçu pour éventuellement attirer l’attention des jeunes et des non fumeurs sur les dangers de commencer à fumer et ses conséquences désastreuses.

Chaque tentative pour arrêter de fumer améliore vos chances de réussite. Chaque fois, vous vous améliorez, vous apprenez des choses et votre volonté vous apprend à mieux vous connaître. Beaucoup de personnes font de très nombreuses tentatives jusqu’à ce que ce soit la bonne. Préparez-vous à arrêter de fumer. Sinon, vous allez enfiler les échecs. Soyez prêt à vous appliquer. Chaque tentative vous apprend quelque chose et vous rend plus fort.

Quelques extraits – « Arrêter de fumer, hors de question ! »

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Chapitre I – Erreur de jeunesse

« Dès le plus jeune âge, lorsque vous avez des fumeurs dans votre entourage, la cigarette finit tôt ou tard par intriguer. Voir par exemple son père sortir de la fumée de sa bouche, ou de ses narines, comment est-ce possible ? Que ressent-il ? Très peu de femmes fumaient et lorsque j’ai posé la question à plusieurs personnes de sexe masculin, elles m’ont fait comprendre avec une certaine fierté qu’un vrai fumeur se devait d’avaler sa fumée. Dans leurs propos, j’ai cru comprendre qu’ils assimilaient le tabagisme à une certaine forme de virilité et qu’ils trouvaient dégradant de voir le sexe opposé avec une cigarette – la triste mentalité de l’époque…

Et donc, pour être « un homme », j’ai pris un jour la décision d’essayer de fumer une cigarette pour en connaître les effets. J’avais alors 14 ans. Il y avait à ce moment-là des cigarettes appelées P4. Comme son nom l’indique, elles se présentaient dans un petit paquet de 4, par conséquent, elles étaient très peu onéreuses. Avec 3 copains, nous sommes donc allés acheter ce qui nous semblait un petit trésor avec le reste de la monnaie d’une course. Le propriétaire du tabac n’a fait aucune difficulté pour nous le vendre, c’était chose courante. Une cigarette chacun, c’était merveilleux, nous allons enfin découvrir ce que nos aînés trouvent comme plaisir à fumer ! Nous avons vite couru vers le jardin public et nous nous sommes cachés derrière des buissons en prenant la précaution d’être bien à l’abri des regards indiscrets. Avec notre petite boîte d’allumettes, nous essayons tant bien que mal d’allumer chacun notre cigarette. Notre inexpérience nous a valu d’en casser une bonne partie. Lorsque nous avons tous réussi à allumer notre « tige de 8 » comme on l’appelait, nous avons tous toussé, tellement le tabac était fort. »

Chapitre II – La dépendance 

« Cela m’est arrivé en vacances dans l’est à Wattwiller, j’avais oublié de me ravitailler. Panique, plus rien à fumer… En pleine campagne, un dimanche après-midi où tout est fermé, comment vais-je faire ? Me voilà parti, avec ma compagne, à la recherche de ce que j’aurais appelé « un trésor ». Au fil de la traversée des villages déserts et du cumul des kilomètres, la panique a augmenté. Et soudain, à l’entrée d’un bourg, une lueur d’espoir est apparue. J’ai vu un hôtel au loin. Je me souviens que pour mes déplacements pour mon travail, la plupart des hôtels avaient toujours en dépannage quelques paquets de cigarettes pour leurs clients. Je vois donc le propriétaire et je lui explique ma situation mais j’avais tout de même deux craintes : qu’il n’ait pas de tabac, ou qu’il refuse de m’en vendre n’étant pas client. Par bonheur il a compris mon problème,  mon angoisse et a accepté de me dépanner. Miracle. Je l’aurais bien embrassé ce brave homme. Vous ne pouvez pas savoir à quel point j’ai savouré la 1ère cigarette de ce paquet avant de reprendre le volant… Ma compagne ne disait rien mais je sentais bien qu’elle était à la fois très en colère et désespérée pour moi. Elle ne pouvait pas admettre mon attitude mais tout compte fait, je m’en moquais, j’avais ce que je cherchais… »

Chapitre XI – Déclic 

« Ces deux pontages ont été le déclic qui m’a motivé à arrêter le tabac. Il est exclu que j’encrasse des prothèses toutes neuves. Madame … est venue me voir et comme moi, elle était contente que je tienne bon. Avec les patchs j’ai très bien supporté l’absence de tabac. À ce jour, 12 février 2019 (soit juste deux ans que j’ai arrêté), je suis toujours sans patch, sans Nicorette et tout va bien. J’ai suivi également les conseils de la diététicienne qui m’a procuré des menus équilibrés, j’ai perdu 2 kg et 6 centimètres de tour de taille. J’ai réussi à ne pas compenser le manque de tabac par les bonbons ou autres. Que du positif pour l’instant.  Qu’il y a-t-il de changé pour moi ? J’ai déjà retrouvé pour le moment le teint rosé de mon visage qui était avant un peu opaque, une peau plus lisse, un meilleur odorat,plus de toux, plus de doigts jaunes, un meilleur souffle, une meilleure haleine. Les cils bronchitiques repoussent et je n’ai pratiquement plus de bronchites comme auparavant. »

 

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