Retour de la publicité tabac en formule 1

Les fabricants Philip Morris et British American Tobacco forment à nouveau des partenariats avec les équipes de Formule 1 Ferrari et McLaren plus de dix ans après l’interdiction de la publicité sur les cigarettes adoptée à l’échelle internationale[1].

Philip Morris International (PMI), dont la marque Marlboro était associée de longue date à Ferrari, a réintégré le sport en octobre dernier, en attribuant à ses voitures Ferrari le nom « Mission Winnow » et un logo évoquant par ses triangles blancs sur fond  rouge les anciens paquets Marlboro. Depuis le Grand Prix du Japon d’octobre, les voitures, casques et tenues des pilotes Ferrari arborent le logo Mission Winnow.

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Les voitures McLaren feront la publicité de « A Better Tomorrow », via une filiale de British American Tobacco (BAT) liée à des cigarettes électroniques.

Le site internet de Mission Winnow, la dernière initiative de PMI mise en avant sur les récentes voitures de F1, est principalement une refonte de la marque pour l’industrie, présentant des discours jubilatoires sur l’innovation, l’excellence et des « solutions novatrices aux problèmes de longue date ». Derrière ce projet flou  se cache une habile tentative pour rappeler son existence de manière implicite après des années de sponsoring caché.

Avant le Grand Prix de Melbourne qui se tiendra en mars 2019, le ministère fédéral de la Santé et le ministère de la Santé et des Services sociaux de l’état de Victoria en Australie ont ouvert une enquête sur la nouvelle image de marque de la voiture de Formule 1 de Philip Morris. Cette campagne constitue aux yeux des autorités sanitaires une nouvelle tentative délibérée de contourner l’interdiction de la publicité pour le tabac et une allusion à la marque phare de PMI et à son ancien sponsor Ferrari : Marlboro.

Bien que le site ne mentionne pas spécifiquement les produits du tabac, il encourage les efforts de Philip Morris pour transformer « non seulement notre société, mais tout un secteur pour les 1,1 milliard de fumeurs et ceux qui les entourent ». Cette allusion renvoie aux pseudos créations « d’alternatives sans fumée », c’est-à-dire aux nouveaux produits très lucratifs du fabricant qui affirme sur la seule base de ses études, dont aucune dans l’histoire ne sont allées dans le sens contraire de ses intérêts, que ces nouveaux produis seraient moins dangereux.

Ce type de stratégie de communication n’est malheureusement pas nouveau et caractérise le discours institutionnel des fabricants depuis des décennies pour contrer les politiques de réduction de la consommation de tabac.  Ce que cherchent ces fabricants demeure constant : continuer à développer leurs ventes et leurs profits en maintenant les personnes dans la dépendance à la nicotine, quel qu’en soit le coût pour leur santé.

[1] Article 13 de la Convention-Cadre de l’OMS pour la lutte antitabac