Quel est l’impact des prix sur la consommation de tabac ?

L’épidémiologiste Catherine Hill, vient de publier son rapport sur l’impact des prix sur la consommation de tabac.
Une analyse affinée de l’évolution de la consommation de tabac est faite depuis 1980 ainsi que celle des prix du tabac, de la fiscalité qui leur est appliquée.

La conclusion est sans appel :
« La France est à la fois un exemple et un contre-exemple de l’efficacité de la politique fiscale du tabac comme mesure de santé publique. Le Plan Cancer de Jacques Chirac a conduit à une augmentation importante du prix des cigarettes entre 2002 et 2004 et à une baisse nette de la consommation de tabac, malgré une compensation sous forme d’achats transfrontaliers, d’achats en contrebande et de transfert des cigarettes vers le tabac à rouler et les cigarillos, moins chers. Le tabagisme des jeunes a particulièrement baissé dans cette période. Depuis 2004, les augmentations des prix ont été le fait de l’industrie du tabac, elles ont été parallèles à l’augmentation du coût de la vie, et la consommation est restée globalement constante, et a peut-être même augmenté chez les jeunes.
Les autorités douanières, les buralistes et l’industrie du tabac ont entretenu la confusion entre achats transfrontaliers licites et contrebande illicite, et entre contrebande de produits manufacturés de façon licite et contrefaçon. L’Etat ne s’est pas donné les moyens d’évaluer ces phénomènes d’une façon sérieuse et indépendante.

Adoptée en mai 2003 par les pays membres de l’OMS et ratifiée en octobre 2004 par la France, la Convention Cadre pour la Lutte Antitabac (CCLAT) constitue le premier traité international destiné à endiguer le fléau du tabagisme. Elle est fondée sur des preuves scientifiques et réaffirme le droit de tous les peuples au niveau de santé le plus élevé possible. Elle réunit l’ensemble des mesures dont l’efficacité a été avérée pour réduire la consommation. L’article 5.3 spécifie :
«En définissant et en appliquant leurs politiques de santé publique en matière de lutte antitabac, les Parties veillent à ce que ces politiques ne soient pas influencées par les intérêts commerciaux et autres de l’industrie du tabac, conformément à la législation nationale ». Il n’est pas certain que la France respecte ce traité qu’elle a pourtant signé. »

Que ce soit donc en matière de politique fiscale des produits du tabac comme des autres mesures indispensables à mener conjointement, il est indispensable que les autorités publiques se protègent des intérêts catégoriels de l’industrie du tabac qui vont à l’encontre de l’intérêt général.

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