Nouvelle étude sur le lobby désastreux du tabac

Une étude vient d’être publiée concernant  l’interférence des fabricants de tabac au Bangladesh : «Indice d’interférence de l’industrie du tabac 2018» Les résultats sont accablants même s’ils ne sont malheureusement pas nouveaux : les fabricants de tabac s’immiscent en particulier dans les politiques fiscales et toutes les mesures du gouvernement visant à réduire la consommation de tabac. Les ministères des finances, de l’agriculture et de l’industrie, ainsi que le Conseil national des recettes (BNR), sont les plus ciblés. L’organisation PROGGA document cette réalité notamment les années 2016-2017.

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Ainsi à titre d’illustrations :

le gouvernement a réduit la taxe sur le bidi (cigarette locale) de 35% à 30% dans le budget de 2017-2018, car le ministère des Finances a suivi les positions d l’industrie du tabac. Autre exemple, la loi antitabac du pays exige que les avertissements sanitaires illustrés soient imprimés sur 50% de la surface des paquets de tabac, l’industrie du tabac a reçu l’autorisation d’imprimer les avertissements sur la moitié inférieure des emballages, apposition nettement moins efficace qu’en haut du paquet. Enfin, contrairement aux directives de l’article de l’OMS, plusieurs responsables gouvernementaux sont engagés dans des programmes de responsabilité sociale des entreprises (RSE) des compagnies de tabac redorant ainsi l’image des industriels du tabac ternie par les pratiques scandaleuses de ciblage des enfants.

Les conséquences de cette ingérence sont majeures car cette dernier remet très clairement en cause les objectifs de sortie du tabac fixés par le pays d’ici 2040.

Cette étude a également porté sur les progrès réalisés par le gouvernement pour se protéger précisément de cette ingérence, et ce conformément aux engagements du pays qui a ratifié le traité de l’OMS la CCLAT dont une des obligations générales porte précisément sur la protection des politiques publiques de lutte contre le tabagisme à l’égard de l’interférence de l’industrie du tabac article 5.3. Cette étude souligne que le pays est loin d’avoir adopté et mis en œuvre les mesures nécessaires et que cette carence explique l’échec des politiques publiques dans le domaine de la réduction du tabagisme.

Pour surmonter la situation actuelle, l’étude recommande que le gouvernement supprime tous les privilèges fiscaux accordés aux sociétés productrices de tabac, cesse d’associer le gouvernement aux activités de RSE et cérémonies des fabricants de tabac,  divulgue toutes les interactions avec les fabricants de tabac, interdise l’utilisation d’engrais subventionnés pour la culture du tabac mais aussi formalise le cadre limitatif dans lequel doivent s’inscrire les relations entre les responsables politiques et les représentants de l’industrie du tabac.


Pour plus de précisions sur les modalités d’ingérence de l’industrie et les mesures pour s’en protéger

Pour aller plus loin