Comme une impression de déjà-vu …

Tentative de normalisation du tabac, dissimulation délibérée des risques sur la santé, nouveaux produits prétendument moins nocifs sur le marché, marketing agressif, conquêtes de nouvelles cibles… quand les cigarettiers utilisent des arguments éculés depuis des décennies, pour nous faire croire qu’ils se préoccupent de notre santé voire soutiennent un monde sans fumée.

Face à la baisse globale de leurs ventes, les cigarettiers misent sur le tabac chauffé qualifié de révolutionnaire et moins néfaste pour les utilisateurs. « Révolutionnaires » comme les filtres et cigarettes dites  « légères » il y a 40 ans qui se sont avérés tout aussi toxiques que les autres produits, les fumeurs devant  aspirer davantage pour avoir leur dose de nicotine.

L’industrie du tabac et ses groupes de façade sont coutumiers de ces pratiques et de cette communication massive visant à faire croire que certains produits seraient moins nocifs voire sans danger.  

En réalité, les enjeux pour les fabricants de tabac ont toujours été et demeurent strictement financiers comme  en  témoignent les sommes colossales investies pour la promotion de leurs nouveaux produits. Le positionnement actuel répond uniquement aux impératifs de changement de « business model ». L’image des produits fumés étant à ce point dégradée de même que celles des fabricants, l’enjeu est de continuer de tenir sous le joug les millions de clients dépendants à la nicotine et de gagner de nouveaux consommateurs.

Pour pousser le simulacre encore plus loin, en septembre dernier, Philip Morris a  annoncé son soutien à la création d’une nouvelle entité – la Fondation pour un monde sans fumée ou fondation Philip Morris. Philip Morris a indiqué qu’il comptait soutenir la Fondation en versant environ 70 millions par an au cours des 12 prochaines années, à peine ce qu’elle verse en sponsoring pour promouvoir la consommation de tabac avec Ferrari pour la F1.

Bien conscients depuis près de 70 ans de produire et commercialiser un produit à l’origine de millions de morts, les fabricants continuent ainsi de vendre ces produits tout en arguant se poser comme acteur impliqué de santé publique. De fait, si Philip Morris s’engageait vraiment dans un monde sans fumée, l’entreprise soutiendrait les campagnes de lutte contre le tabac. Or, Philip Morris s’oppose à toutes les mesures permettant de réduire la consommation de tabac en se livrant à un lobbying à grande échelle et via des procédures judiciaires longues et coûteuses contre les pays adoptant ces dispositions. Ne soyons pas dupes.

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